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Tome quatrième.
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600 LETTRES ÉCRITES DE LA M0XTAGXE.

Quant au premier article, vous aurez peut-être peine à croirequ’on ait osé mettre sans façon le petit conseil au-dessus des lois.Je ne connois rien de plus sûr pour vous en convaincre que devous transcrire le passage où ce principe est établi, et, de peurde changer le sens de ce passage en le tronquant, je le transcriraitout entier.

(Page l.) « L’ordonnancea-t-elle voulu lier les mains à la puis-« sance civile, et l’obliger à ne réprimer aucun délit contre la« religion qu’après que le consistoire en auroit connu? Si cela« étoit, il en résulteroit qu’on pourroit impunément écrire con-« tre la religion, que le gouvernement seroit dans l’impuissance“ de réprimer cette licence, et de flétrir aucun livre de cette es-« pèce ; car si l’ordonnance veut que le délinquant paroisse d’a-« bord au consistoire, l’ordonnance ne prescrit pas moins que, s’il« se range , on le supporte sans diffame. Ainsi, quel qu’ait été« son délit contre la religion, l’accusé, en faisant semblant de se« ranger, pourra toujours échapper; et celui qui auroit diffamé« la religion par toute la terre, au moyen d’un repentir simulé,« devroit être supporté sans diffame. Ceux qui connoissent l’es-« prit de sévérité, pour ne rien dire de plus, qui régnoit lorsque« l'ordonnance fut compilée, pourront-ils croire que ce soit là le« sens de l’article 88 de l’ordonnance?

« Si le consistoire n’agit pas, son inaction enchaînera-t-el'e le« conseil? ou du moins sera-t-il réduit à la fonction de délateur« auprès du consistoire ? Ce n’est pas là ce qu’a entendu l’ordon-« nance, lorsqu’après avoir traité de l’établissement, du devoir et« du pouvoir du consistoire, elle conclut que la puissance civile« reste en son entier, en sorte qu’il ne soit en rien dérogé à son« autorité, ni au cours de la justice ordinaire, par aucunes re-« monfrances ecclésiastiques. Cette ordonnance ne suppose donc« point, comme on le fait dans les représentations, que dans cette« matière les ministres de l’Évangile soient des juges plus natu-« rels que les conseils. Tout ce qui est du ressort de l’autorité en« matière de religion est du ressort du gouvernement. C’est le

principe des protestants ; et c’est singulièrement le principe de« notre constitution, qui, en cas de dispute, attribue aux conseils« le droit de décider sur le dogme. »

Vous voyez, monsieur, dans ces dernières lignes, le principe surlequel est fondé ce qui les précède. Ainsi, pour procéder danscet examen avec ordre, il convient de commencer par la fin.