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Tome quatrième.
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660 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

rendu votre situation meilleure à plusieurs égards qu’elle n’étoitavant les troubles qui vous forcèrent d’accepter leurs bons offices.Ils ont trouvé une ville en armes ; tout étoit à leur arrivée dans unétat de crise et de confusion qui ne leur permettoit pas de tirer decet état la règle de leur ouvrage. Ils sont remontés aux tempspacifiques, ils ont étudié la constitution primitive de votre gou-vernement : dans les progrès qu’il avoit déjà faits, pour le remon-ter il eût fallu le refondre; la raison, l’équité, ne permettaient pasqu’ils vous en donnassent un autre, et vous ne l’auriez pas ac-cepté. IN’en pouvant donc ôter les défauts, ils ont borné leurssoins à l’affermir tel que l’avojent laissé vos pères : ils l’ont cor-rigé même en divers points; et des abus que je viebs de remar-quer, il n’y en a pas un qui n’existât dans la république long-temps avant que les médiateurs en eussent pris connoissance. Leseul tort qu’ils semblent vous avoir fait a été d’ôter au législateurtout exercice du pouvoir exécutif, et l’usage de la force à l’appuide la justice ; mais, en vous donnant une ressource aussi sûre etplus légitime, ils ont changé ce mal apparent en un vrai bienfait ;en se rendant garants de vos droits, ils vous ont dispensés de lesdéfendre vous-mêmes. Eh! dans la misère des choses humaines,quel bien vaut la peine d’être acheté du sang de nos frères? Laliberté même est trop chère à ce prix.

Les médiateurs ont pu se tromper, ils étoient hommes ; maisils n’ont point voulu vous tromper, ils ont voulu être justes, celase voit, même cela se prouve ; et tout montre en effet que ce quiest équivoque ou défectueux dans leur ouvrage vient souvent denécessité, quelquefois d’erreur, jamais de mauvaise volonté. Ilsavoient à concilier des choses presque incompatibles, les droitsdu peuple et les prétentions du conseil, l’empire des lois et lapuissance des hommes, l’indépendance de l’état et la garantie duréglement. Tout cela ne pouvoit se faire sans un peu de contra-diction ; et c’est de cette contradiction que votre magistrat tireavantage, en tournant tout en sa faveur, et faisant servir lamoitié de vos lois à violer l’autre.

Il est clair d’abord que le réglement lui-même n’est point uneloi que les médiateurs aient voulu imposer à la république, maisseulement un accord qu’ils ont établi entre ses membres, et qu’ilsn’ont par conséquent porté nulle atteinte à sa souveraineté. Celaest clair, dis-je, par l’article xliv, qui laisse au conseil général,légitimement assemblé, le droit de faire aux articles du réglement