ASTRONOMES ARABES. J21
de Sarrasins J connue on en juge par la géographie de Ptolémée (VI,7), qui les place entre la mer rouge et le golfe persique ; ce nom s’é-tendit ensuite beaucoup, comme on le voit dans l’histoire du bas-empire , et dans la Bibliothèque orientale, ou dictionnaire universel,contenant tout ce qui regarde les peuples d’Orient, par M. Barthel.d 'Herbelot, Paris, 1697, in-fol. réimprimé à Paris en 1783 , in- 8°.
Pendant les six premiers siècles, ils furent sous la domination desRomains ; mais s’étant soulevés au temps d’Héraclius, vers l’an 812,ils s’emparèrent de la Syrie et de l'Egypte, et formèrent un empirequi s’étendit ensuite vers l’Asie, l’Afrique, et jusqu’en Espagne. Lescalifes de Babylone furent les plus puissans princes de l’Asie, et leurdomination s’étendit jusqu’aux Indes (d’Herbelot, au mot Khalifali,p. 985). Le second calife de la famille des Abbassides fut Almansorou Almansour, prince rempli de connoissances, et qui commençade répandre dans son empire le goût de l’étude. Historia compen-diosa Dynastiarum, authore Georgio Abul-Pharajio, arabicè édita,et latine versa ab Eduardo Pococnio, Oxoniae, 17 83 ,2 vol. in-4 0 , p.180. Voyez, le Dictionnaire de Bayle , au mot Abulpharage.
3 80. Almamon w , fils de Harun Al-Raslrid, et petit-fils d’AIman-sor, parvint à l’empire en 814 : ayant été élevé avec soin et dansl’amour des sciences, il s’appliqua à les cultiver et à les faire fleurirdans ses états ; il demanda aux empereurs grecs les livres de philoso-• pliie.qu’il y avoit chez eux. Si c’est à Michel le Begue, qu’il avoitvaincu plusieurs fois, cet empereur, qui ne savoit ni lire ni écrire,ne dut pas se rendre fort difficile à cet égard. Almamon rassemblades interprètes habiles, tels que Mesué, son médecin, pour en huredes traductions. Il encourageoit ses sujets à les étudier; il fréquen-toit lessavans, et assistoit à leurs exercices (Abulpharage, p. 180).Il ht traduire en 827 l’Almageste de Ptolémée ( 338 ) , par Isaac benHonain et Thabcth ben Korab, suivant d’Herbelot,ou,selon d’anciensmanuscrits, par Alhazen, fils de Joseph , et par Sergius. Sous sonrégné , un astronome de Bagdad , nommé Habash, composa troissortes de tables astronomiques; mais elles n’étoient faites probable-ment que d’après celles de Ptolémée.
35 i. Almamon s’occupoit lui-même des observations astronomi-ques, et détermina l'obliquité de l’écliptique de 23 ° 33 ' (on lit 23 °35 ' dans d’autres manuscrits). Voyez Alfragan dans ses principesd’astronomie (c. 5 , p. 18, édit, de 1889, ou c. 8, p. 26, édit, de1890). Almamon chargea ensuite des gens habiles de faire faire des
(a) On écrit aussi Marnon, Almamum, Alamoun, ou Al-Maimon.Tome I. Q