2.84 ASTRONOMIE, L I V, IV.
calculée d’avance pour chaque jour : en effet, la longitude vraie dusoleil n’est égale à la longitude moyenne que vers le commencementde janvier et de juillet ; elle est plus grande au mois d’avril d’environa 0 , ou plus exactement de i 0 55 f 28" (1265), c’est-à-dire que le pre-mier avril le soleil est réellement au point où il devroit être le 3, oudeux jours après, s’il avoit avancé uniformément dans l’écliptiquedepuis le premier janvier, et si sa longitude vraie étoit toujours égaleà sa longitude moyenne; au contraire vers le commencement d’oc-tobre , la longitude vraie est moins avancée de la même quantité quen’est la longitude moyenne : cette inégalité du soleil, ou cette diffé-rence s’appelle équation de l’orbite, ou équation du centre , chezles anciens prosthapherese w . Nous verrons bientôt comment Ptolé-mée parvint à la calculer pour tous les jours, et à connoître la loi etla nature de cette équation. On appelle en général équation dansl’astronomie, la différence qu’il y a entre une quantité actuelle et lavaleur qu’auroit cette même quantité, si elle croissoit toujours uni-formément et sans aucune inégalité. Nous en parlerons plus au longdans le VI' livre, 1 234 et suiv.
8 59. Hipparque, i 3 o ans avant J. C., connoissoit déjà l’inégalitédu soleil, mais il n’y avoit pas long-temps qu’on en étoit instruit*Séneque nous apprend , dans le VII' livre de ses Questions Naturel-les , qu’au temps de Démocrite (420 ans avant J. C.) on n’avoit pasencore bien mesuré la durée de la révolution des cinq planètes.Eudoxe et Platon voyagèrent en Egypte (280), et en rapportèrentdans la Grèce quelques notions d’astronomie : mais elles étoientencore assez imparfaites, puisque, 5 oo ans après, Ptolémée disoitqu’on n’avoit point eu avant lui une connoissance exacte des révo-lutions planétaires, et qu’il avoit réformé, avec de longs travaux,cette partie de l’astronomie.
860. Si les révolutions des planètes étoient peu connues, les iné-galités des mouvemens planétaires l’étoient encore moins ; elles n’a-voient point été remarquées par les Egyptiens ni par les Grecs avantHipparque; les Pythagoriciens, qui les premiers s'occupèrent de cesquestions, supposèrent dans tous ces mouvemens une parfaite éga-lité, comme une suite de l’ordre éternel et immuable de ces corpscélestes ( Geminus, Elem. Astronom. p. 2). Cependant la méthode
(a) TifirSio-i ;, addition ; ùQotlfietç , sous-traction : d'où retranchant l’une desdeux terminaisons s<n?, on a composéle mot icptrttcÇMftinç , qui désigne unequantité , additive ou soustractive t
selon les cas. Ce nom convient en gé-néral à presque toutes les équations;mais il s’applique plus particulièrementà celle de l’orbite, parcequ’elle est laplus importante de toutes.