SYSTÈME DE COPERNIC. 3c )<)
pu exprimer la seconde inégalité ; mais on va voir avec quel succèsil rejeta celle-ci sur le mouvement de la Terre.
Puisque toutes les planètes décrivoient leurs épicycles précisé-ment dans l’intervalle de temps qu’il leur falloit pour revenir enconjonction avec le Soleil, cette seconde inégalité paroissoit dépen-dre totalement du Soleil ; ainsi elle dut inspirer l'idée d’examinersi un œil placé dans le Soleil ne pourroit pas voir les choses dansun ordre plus simple , et si le Soleil ne seroit pas le véritable centrede tous ces inouvemens, qui avoient tant de rapport avec lui.
DU SYSTÈME DE COPERNIC.
1075. C e fut l’embarras que trouva Copernic dans les hypothèsesdes anciens pour expliquer la seconde inégalité desplanetes (1073),qui lui ht souhaiter de pouvoir les simplifier , ou en imaginer unequi fût moins compliquée; il nous apprend, dans la préface de sonlivre de Revolutionibus orbium , que dans cette intention il avoitcommencé par lire tout ce qu’il avoit pu trouver là-dessus dans lesanciens philosophes, pour savoir s’il n’y en avoit aucun qui eût attri-bué à la sphere d’autres mouvemens que ceux dont on parloit depuissi lorrg-teinps dans les écoles ; voici ce qu’il y trouva de plus remar-quable.
Cicéron dit que Nicétas de Syracuse (307) avoit pensé que leciel, le Soleil, la Lune, les étoiles, ne tournoient point chaque jourautour de laTerre, mais que la Terre seule, tournant sur son axe, fai-soit paroître tout le reste en mouvement. Plutarque raconLe aussique Philolaüs le Pythagoricien vouloit que la Terre eût un mouve-ment annuel autour du Soleil dans un cercle oblique, tel que celuiqu’011 attribuoit au Soleil. Diogene Laërce, dans la vie de Philolaiis ,dit que les uns lui attribuoient la première idée du mouvementde la Terre, et que les autres l’attribuoient à Nicétas. Philolaüsavoit été disciple de Pythagore, et vivoit environ 4 $o ans avantJ. C. (3o6) d’abord à Métaponte, ensuite à Héraclée, (Plut.v/egenio Socrads).
Aristarque de Samos donnoit aussi un double mouvement à laTerre (3o8, 3i8, 1090), et fut accusé par Cléanthe disciple et suc-cesseur de Zénon. Cette superstition des Athéniens fut cause que cesystème demeura comme renfermé dans les écoles des Pythagori-ciens d’Italie. Héraclide de Pont, et Ecp/iantus, Pythagoricien, attri-buoient un mouvement à laTerre, mais seulement sur son axe, sem-