400 ASTRONOMIE, LIV. V.
blable à celui d’une roue'”. Héraclide et les autres Pythagoricienssoutenoient que chaque étoile étoit un inonde qui avoit, comme lenôtre, une terre, une atmosphère et une étendue immense de ma-tière éthérée. Aristote ( de cœlo, lib. II, cap. i 3 ) dit aussi que lesphilosophes d’Italie appelles Pythagoriciens plaçoientle feu au mi-lieu de l’univers, et mettoient la Terre au nombre des planètes quitournoient autour du Soleil comme leur centre commun ( 3 o 6 ).
Pline semble mettre le Soleil au centre de l’univers : ( Quoniam sicmédius sol liv. II, c. 23 ). Dans un autre endroit il dit que c’est laTerre (c. 69). Mais l’on sait que Pline avoit tiré ses notes de sourcestrès différentes. Au reste, Fréret donne une très belle idée des cou-noissances des anciens dans cette partie. Obs. sur l’étude de la philos,ancienne. Acad, des 1 user. XVIII, 102.
1076. On peut ajouter aux belles idées des plus anciens philo-sophes , les passages où Séneque explique de la maniéré la plus phi-losophique les rétrogradations des planètes: « Il s’est trouvé descc philosophes qui nous ont dit : Vous vous trompez en croyant qu’il« y aitdes astres qui rétrogradent et qui s’arrêtent: cette bizarrerie ne« peut avoir lieu dans les corps célestes ; ils vont du côté où ils- ontcc été jetés -, ils ne suspendent jamais leur cours, ils ne changent jâ-cc mais leur direction. Pourquoi donc paroissent-ils quelquefois-cc retourner en arriéré? c'est le Soleil qui en est cause : leurs orbescc ou leurs cercles sont placés de maniéré à nous tromper dans cer-cc tains temps -, ainsi qu’on croit souvent immobile un vaisseau qui vacc pourtant à pleines voiles 33. ( Sen . Quaest. nat. liv. VII, c. 25 et 26).Nous avons vu ce que disoit Martianus Capella ( 1071 ) , et Coper-nic le cite spécialement (liv. I, c. 10).
Le cardinal Cusa, qui écrivoit bien long-temps avant Copernic,avoit déjà compris que nous pouvions très bien ne pas nous apper-cevoir du mouvement delà Terre : Jam nobis manifestum est terrainistam in veritate rnoveri, licèt nobis hoc non apparent, cùm non ap-prehendimus motum nisi per quan dam comparationem adfixum : sienim quis ignoraret aquam Jluere , et ripas non videret, existens innavi in. medio aquae, quomodo apprehenderet navem moveri? {Dedocta ignorantia, lib. III, cap. 12). Aussi le cardinal Cusa attribuoitun mouvement à la Terre, mais d’une maniéré plus astronomique.
(a) Fréret dit que c’étoit le système de la plupart des anciens qui pensoientlibrement, et de presque toutes les branches de la secte ionique fondée parThaïes ; et l’on ne peut douter qu’il ne l’ait reçu des Égyptiens , sous qui il avoitcté s’instruire.
Ces