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Tome premier.
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DU SYSTÈME DE COPERNIO. 4o3

mosphere de la Terre, qui depuis tant de siècles tiennent à la Terreet tournent avec elle, n’en aient pas reçu un mouvement commun,une impression et une direction communes; la Terre tourneavec toutce qui lui appartient, et tout se passe sur la Terre mobile comme sielleétoiten repos. Il est étonnant que Tycho, Riccioli, et tous ceuxqui ont répété le même argument sous tant de Tonnes différentes,n’aient pas su que lorsqu’on joue aux boules ou au billard dans levaisseau qui va le plus vite, le choc des corps s’y fait avec la mêmeforce dans un sens que dans l’autre, et que lorsqu’on jetre une pierredu haut du mât d'un vaisseau en mouvement, elle tombe directe-ment au pied du mât, comme quand le vaisseau étoit en repos : ceuxqui sont sur le rivage lui voient décrire une ligne oblique, ou la dia-gonale des deux vitesses. Le mouvement du vaisseau est communi-qué d’avance au mât, à la pierre, et à tout ce qui existe dans levaisseau, en sorte que tout arrive dans ce navire comme s'il étoit im-mobile: il ri’y a que le choc des obstacles étrangers qui fait qu’onen apperçoit le mouvement lorsqu’on est dans le navire ; mais commela Terre ne rencontre aucun obstacle étranger, il n’y a absolumentrien dans la nature, ni sur la Terre, (pii puisse par sa résistance, parson mouvement, ou par son choc, nous faire appercevoir le mouvezmeut de la Terre. Ce mouvement est commun à tous les coips terres-tres ; ils ont beau s’élever en l’air, ils ont reçu d’avance l’impressiondu mouvement de la Terre, sa direction et sa vitesse; et lors mêmequ'ils sont au plus haut de l’atmosphere , ils continuent à se mouvoircomme la Terre.

1081. On trouve dans la plupart des cabinets de physique, sur-tout à Amsterdam, une machine de Steiz, qui rend visible cettecomposition du mouvement. Un petit chariot mobile par un ressort,roule sur le parquet d'une salle; une balle placée au fond d'une cu-vette est au-dessus d’un ressort ; une détente fait partir le ressort, etjette la balle en l’air pendant que le chariot avance avec rapidité;la balle s’élève, et retombe ensuite; et quoique le chariot ait avan-cé, elle retombe dans la même cuvette ou coquille, comme si cettecoquille fût restée â la même place ; on distingue très bien que laballe, au lieu de s’élever perpendiculairement, et de descendreverticalement, a décrit deux lignes obliques, ou deux branchesd’une parabole, une en s’élevant, l'autre en retombant sur le cha-riot, et qu’elle l’a accompagné dans sa course.

Ainsi le mouvement de la balle est évidemment composé de deuxmouvemens , celui que le chariot avoit communiqué horizontale-ment à la balle, et celui que le ressort lui a donné de bas en haut ; la

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