PASSAGES DE l’ÉCRITURE. /,ir)
tendre, dire à la Terre de s’arrêter? Il auroit fallu en même tempsleur apprendre en détail pourquoi cette singularité d expression ;et jamais digression n’eiit été plus hors de place. Ainsi, dans le casmême où l’on prétendrait queJosué, comme prophète, auroit étéinstruit, par la toute-puissance de Dieu, de ce qu’on ignorait deson temps , et sur-tout dans son pays , il n’auroit pas pu s’ex-primer autrement qu’il n’a fait. Il en est de même des autrespassages de l'Ecriture , où les auteurs sacrés ont dû nécessairementparler comme I on parle , et comme nous parlons nous-mêmes dansnos livres d’astronomie, quand nous disons le lever, le coucher,le mouvement, l’inégalité du Soleil ; il n’y avoit qu’une maniéréde s’exprimer ; il ne résulte donc rien de ces textes contre le systèmede Copernic.
Les ouvrages où l’on peut trouver une ample justification là-dessus , sont les suivans : Kepler, de Stella Martis, in Introd.Mystcrium Cosmos,, in notis ad. cap. \ \ Epitome Astronomiae Coper.lib. /, pag. 1 38 ; IIothmann, dans une iettre qui se trouve parmicelles de Tycho, pag. i 3 o \ Fuscarini, Carme italien, dans uneépître à son général , imprimée en italien à Naples en idi 5 , eten latin à Lyon en 1641 ; le P. Campanella , Dominicain ( Apolog.pro Galileo, Francof. 1622, in-4 0 ); Hcrigone, dans le IP livre de sesThéoriques , qui est dans le tome V de son Cours de Mathé-matiques ; Jacques Lansberge , dans son Apologie pour PhilippeLansbcrge contre Fromond , théologien de Louvain, et contreMorin , imprimée à Mildclbourg en i 633 ; et même Riccioli, torn.II, pag. 4^7. Ce que ces auteurs en ont dit, suffit pour fairevoir la vérité des propositions suivantes.
Les passages de l’Ecriture sainte qui sont contraires au mou-vement de la Terre , ne doivent pas se prendre dans le sens propreet littéral, et dans la rigueur des termes , mais dans le sens or-dinaire du discours , suivant la maniéré générale de raconter etde parler. Il y a un grand nombre d’autres passages de l'Ecritureoù il est parlé d’astronomie et de physique, dans lesquels il estévident qu on ne doit pas s’attacher à la lettre , comme quandle prophète roi dit, Telhis fundata super maria ( Ps. xxm) ; lors-que l’Ecclésiaste dit, Terra in. acternum stat( c. x, etc.) ; ou commedans le livi'e des Ilois (cap. 7 ) où il est dit qu’un vase rond quiavoit dix coudées de diamètre , en avoit 3 o de circonfeience. Dansles passages de l’Ecriture où il est pailé du mouvement du Soleil,on voit évidemment que les écrivains sacrés n’ont prétendu nidécider une question physique , ni établir ou proscrire un sen-
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