C’est sous le règne de Philippe III que furent accordées lespremières lettres de noblesse. On n’avait pas cru jusqu’alors, ditSaint-Foix , qu’un prince pût faire un noble d’un roturier.Ceslettres d’ennoblissement exigent deux conditions; une financequi indemnise le roi des subsides dont la lignée du nouveaunoble est affranchie, et une annonce pour le peuple qui va êtresurchargé par cette exemption.
Les mésalliances s’étant introduites en France , on fit des loispour en réprimer l’abus, et l’on attacha une honte à ces ma-riages. Un gentilhomme qui s’abaissait jusqu’à épouser uneroturière, devait subir la punition, qui était qu’en plein tour-nois tous les seigneurs, chevaliers et écuyers, s’arrêtassent surlui, et le battissent jusqu’à ce qu’il donnât son cheval et sereudît.
Philippe-le-Bel fit entreprendre de grands travaux au Pa-lais-de-Justice ; il enferma dans son enceinte la chapelle deSaint-Michel-de-la-Place, chapelle qui a donné son nom àUn pont voisin. Il y avait dans le Palais de la Cité une vastesalle de construction fort simple, ornée des effigies des rois deFrance depuis Pharamond. Celte salle servait à la réception desnommages des vassaux, aux audiences des ambassadeurs, etc.Vers une des extrémités de cette salle était une grande tablede marbre où se faisaient les festins royaux, et autour de la-quelle siégeaient les tribunaux appelés la Connétablie, l'Ami-rauté, les Eaux et Forêts de France.
On trouve une esquisse des mœurs du douzième siècle, ditSaint-Foix , dans les difficultés qu’éprouva alors un évêque deParis , lorsqu'il entreprît d’abolir une cérémonie aussi impieque ridicule appelée la Fête des Fous , qui se célébrait auxenvirons de Noël , et une autre appelée la Fêle des Anes. Unseul trait suffira pour juger de ces extravagances. Le prêtrequi célébrait la messe, au lieu de la finir par Ile missa est ,chantait trois fois, en contrefaisant la voix de l’âne, hihan,•dhan.hihan, et le peuple répondait trois fois sur le même ton.Malgré les excommunications lancées par l’évéque contre cesjj-tes indécentes, on les célébra plus de deux cents ans après
. Sous le règne de Louis X , on ne peut signaler qu’une seuleinstitution à Paris , c’est le Collège de Montaigu. Ce collège'tait une sorte de maison religieuse. Les écoliers y étaient®al traités, mal logés et mal vêtus; ils mendiaient pour vivre,wur vêtement consistait en une cape de drap bleu fermée par