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LES DERNIÈRES CARTOUCHES.
Nous avons dit que la dernière route de l’armée del’Est pouvait Aire barrée par un mouvement tournant
demander des éclaircissements, il trouve à Chall'ois un général dedivision prussien qui lui déclare ne rien savoir!... et l’adresse augénéral de Manteulîel à Levier. Le colonel suit lentement la rouleencombrée de troupes allemandes :
« Je remarquai avec regret, dit-il (p. 255 et suiv. du t. VU deY Enquête) la discipline qui régnait dans ses plus petits détails, elen particulier la docilité avec laquelle les troupes, à chaque halte,dégageaient la chaussée pour se placer à droite et à gauche dansla neige, cependant assez profonde partout. Leur chaussure elleur air de santé faisaient comprendre toutefois que cette peine necofilait guère à chacun.
« La tenue de ces troupes à mou passage était d’ailleurs désa-gréable, et j’ai dû beaucoup prendre sur moi pour ne pas compro-mettre mon caractère de parlementaire en relevant les airs degaîté insolente qui signalaient mon approche. Des plaisanteriesfort plates ont même été adressées à mon brigadier porte-drapeau,mais à distance suffisante pour n’etre pas comprises d’un hommequi ignorait la langue allemande.
h J’estime à quinze mille hommes l'effectif que j’ai trouvé entreUhnll’ois et Levier : cavalerie, infanterie et artillerie.
« A un kilomètre de Levier, environ, je rencontrai le général deManteull'el, qui m’accueillit avec politesse, reçut ma dépêche, maisse refusa à discuter avec moi l’objet de nia mission. Il était enmarche vers Pontarlier, et je dus me ranger dans son état-major,pendant qu’il conférait avec les officiers prussiens qui l’entouraient.
« Au bout d’un certain temps, je fus appelé auprès de lui. Ilall'eeta de me parler allemand, en me faisant d’ailleurs un compli-ment all'ecté aussi sur ma connaissance de cette langue, et me remitune réponse au crayon dont voici la lidèle traduction :
« A la communication qui m’est apportée par l'intermédiaire duu lieutenant-colonel de l’Espée, sur la route de Levier à Pontarlier,ci je ne puis répondre qu’une chose, c’est que je maintiens les ter-« mes de ma première réponse aux ouvertures qui m’ont été faites« par le chef d’état-major de M. le général de Clinchant; je ne puis
interrompre la marche des opérations.
u Toutefois, je suis prêt à recevoir à tout moment des proposi-