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LES MEUNIÈRES CARTOUCHES.
ries et se faisait la réputation d’un bureaucrateincapable de commander au feu.
Les champs de bataille où la génération de Bour-baki avait gagné ses grades — avec une incompa-rable bravoure, certes! — n’étaient pas faits pourhabituer aux maniements des grandes masses ;l’Afrique, le siège de Sébastopol et les sanglantesrencontres de Crimée, l’inénarrable « débandade enavant » que fut la guerre d’Italie, ne pouvaientêtre des écoles de slratégistcs, pas même de tacti-ciens.
Les camps d’exercice n’étaient pas plus instructifs.Quand nous assistons aujourd’hui à ces grandesmanœuvres à thèmes variés et que nous lisons lescriliques qui les suivent, nous ne pouvons nous em-pêcher de penser qu’elles sont tout de même un peuplus « l’image de la guerre » que les parades ducamp de Chàlons. Les manœuvres de Châlons n’é-taient guère que la répétition sur un champ plusvaste des mouvements effectués dans la cour de lacaserne.
L’adaptation des dispositifs au terrain pour desarmées de cent mille hommes, la convergence suredes divisions sur une ligne donnée en un tempsdonné, la préoccupation constante d’entraver lesmouvements de l’ennemi, l'évaluation des forcesadverses : tout cela n’avait pu s’acquérir ni dans les