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LES CAUSES PE LA CATASTROPHE.
probants, — par une induction rigoureuse — l’étatd’esprit (les chefs supérieurs de l’armée impériale.La crainte ou la haine de tout ce qui ressemblait àl’émeute — même l’émeute contre l’étranger —hantait ces cerveaux façonnés aux conceptionsétroites d’un militarisme sans esprit militaire , im-bus d’un scepticisme incurable et défiant à l’égarddes forces morales. Voyez les tous : brillants dansle succès, effondrés dans la défaite ! Mac-Mahon, etplus encore Bourbaki, tombés dans un accablementsans remède; Aurelle timoré, méfiant, ombrageux;Trocliu résolument sceptique et philosophiquementrésigné. Ceux-là seuls se montrent avec de la trempeet du caractère, qui sont restés loin de la vie si videalors des garnisons, ceux qui ont eu l’exercice desresponsabilités : Faidherbe, Chanzy, les marinsavaient conservé leur initiative intacte et un idéal dedevoir impersonnel.
il n’y a pas à le nier : tous ces hommes que nousallons passer en revue et qui exhalent, vis-à-vis dela Défense, des sentiments sceptiques ou hostiles,sont bien le même produit d’un même milieu social.
Quand le général Lcfort fut envoyé en provincepour diriger le ministère de la guerre à Tours, legénéral Leflô le munit d’un singulier viatique.« Quand on nous a fait partir de Paris, raconte legénéral Lefort, on n’espérait même pas arriver à pou-