178 RADE DE CHERBOURG.
La mer montante ou poussée du large par la tempête, devoittoujours être divisée par la partie supérieure de ces cônes, élevéede 2 8 pieds au-dessus de son plus bas niveauj d’où il devoit résulternécessairement du calme dans l’intérieur de la rade, le flot ne pou-vant y arriver qu’après avoir été décomposé sur une ligne de 2,000toises environ de longueur. Ce résultat paroissoit d’autant plusinfaillible, que cette rade x a un avantage particulier 5 c’est que la mermontante n’étant encore au large qu’à la moitié de son élévation,la pointe du cap de l’ouest y occasionne un jussant ou courant qui,après avoir longé la côte et être rentré dans l’intérieur, y balance leflux de la mer 5 ce qui tend à y établir un prompt équilibre des eaux.
Les intervalles de 72 pieds entre les parties supérieures descônes seroient fermés en temps de guerre par des chaînes de fer 5 larade offrirait un mouillage pour cent vaisseaux de ligne, et tousles bâtimens en général n’y pénétreraient que par les deux passesdes extrémités, et sous leurs batteries. ■■
198. Les obstacles que j’avois à surmonter avant d’opérer laremorque, l’immersion, l’échouement et la stabilité des cônes,m’ont fait chercher les données qui dévoient me diriger. Je me suisassuré, 1 °. que dans tous les cas possibles , chaque caisse coniqueétant à flot, ne pouvoit jamais, à raison de la configuration et desdimensions qué je lui donnois, chavirer, ni exposer la vie des per-sonnes qui la dirigeoient 5 2 0 . que la charpente d’une caisse, lesgrosses tonnes employées pour sa flottaison*, les agrès et les cablesdévoient peser ensemble environ deux millions 5 3 °. que la duréede la basse mer dans cette rade n’est à peu près que de 1 o minutes ;que les premiers flots de la mer montent communément de 2 à 3pieds par heure j que la crue de 18 â 20 pieds, produite par leflux de la mer, parvenant à son plein, s’effectue en six heures detemps , et que dans sa descente elle a une égale durée.