Band 
Tome second.
Seite
180
JPEG-Download
 

RADE DE CHERBOURG.

l8o

caisses : il avoit encore pour objet de servir d’appontement et degalerie à tous les ouvriers destinés à en faire le remplissage avec dumoellon de granit apporté par un grand nombre de navires quidévoient s’accoster solidement au cône, vis-à-vis les sabordsouverts sur ses flancs, à différentes hauteurs correspondantes auxvariations des eaux de la mer.

199. Toutes les conditions du problème à résoudre étoient nou*velles , et les procédés à suivre n’avoient point de modèle. Plusje m’éloignois de l’usage ordinaire, plus il étoit de la prudence duMinistre de ne point adopter les vues que je lui présentois, sansconsulter des personnes savantes et expérimentées dans les travauxde mer.

M. de Borda , Capitaine de vaisseau et membre de l’Académiedes Sciences ; M. de Fleurieu, alors Capitaine de vaisseau etDirecteur des ports et arsenaux, depuis Ministre de la Marine,furent d’abord chargés d’examiner mon projet. M. Peronnet,membre de l’Académie des Sciences, premier Ingénieur des Pontset Chaussées de France, et M. de Chezy , Inspecteur et Directeurde l’école des élèves Ingénieurs, furent aussi consultés. Sur l’avisde ces quatre Commissaires, M. de Castries demanda l’ordre duRoi pour faire une première expérience dans la rade du Havre. LeContrôleur général des finances et M. de la Milliere s’empressèrentde me mettre à portée de remplir l’intention de Sa Majesté. J’euslieu de me féliciter des lumières qui me furent communiquées parles quatre savans dont j’ai parlé, et des avis que j’en reçus ; je trouvai;dans leur caractère, l’élévation et le courage, nécessaires pour faireadopter des idées nouvelles, pour dissiper les insinuations de l’envieet les doutes de l’ignorance, si préjudiciables au progrès des arts.Ce fut d’après leur rapport, j’ose même dire leurs suffrages, que jefus honoré de la confiance de M. de Castries, et par la suite d ecelle du Roi.