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Tome second.
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25o RADE DE CHERBOURG,

parut d’une grande importance de ne point hasarder cette premièreopération, dans la crainte que le plus petit accident ne fit aban-donner ce projet pour toujours , d’autant plus qu’il n’ignoroit pasqu’il se formoit un parti contre le système des cônes.

A cette époque, la remorque d’une caisse d’un si grand volumedont le poids étoit de deux millions, avoit donné lieu à différentesopinions. Plusieurs Marins avoient estimé qu’il falloit 18 piedsde hauteur d’eau pour la mettre à flot. Une infinité d’accidens et depérils présumés avoient jeté l’alarme dans la ville, et les bruitspopulaires établissoient déjà la remorque et l’immersion, à une lieueau large, comme impossibles.

Douze jeunes Marins de Cherbourg, Capitaines marchands etautres, frappés des obstacles qui s’opposoient à l’entreprise, seprésentèrent chez M. d’Harcourt le 9 septembre (veille de l’immer-sion annoncée), offrant de se charger eux-mêmes de l’opération,quelque périlleuse qu’elle fût, disant que, s’il y avoit des dangersà courir, il étoit de leur devoir de s’y exposer, puisqu’il étoit ques-tion du service de l’État et de l’avantage de la ville. M. le Com-mandant leur témoigna beaucoup d’égards et de satisfaction. Je mefis un plaisir de leur expliquer tous mes procédés, en leur assurantque les Ingénieurs des Ponts et Chaussées se tiendraient avec moisur la galerie de la caisse pendant la remorque et l’immersion; jepriai M. d’Harcourt de me permettre de les employer à faire legréement des tonnes autour des caisses, parce qu’ils entendoientmieux que les Ingénieurs le langage des matelots et la manière detirer parti des cables; ce qu’ils ont toujours exécuté pendant lescampagnes suivantes, avec autant de zèle que de désintéressement.