4o EXPLICATION DES PLANCHES
planches suivantes on les trouve successivement sur une plus grande échelle et avec tous leursdétails.
Le premier de ces édifices, marqué D sur le plan, est un triclinium destiné aux repas funèbres(pl. XX). On sait combien les anciens étoient attachés à cet usage. Il existe beaucoup d’inscrip-tions antiques qui le témoignent, et quelques unes fixent même la dépense du festin et l’époqueà laquelle il devoit avoir lieu l .
Ce triclinium 2 consiste en une enceinte découverte, dont l’intérieur est orné de peintures gra-cieuses ; car chez les anciens, qui avoient sur la cessation de la vie des idées toutes différentesdes nôtres, la décoration des tombeaux et des lieux consacrés aux funérailles ne présentait riende sinistre.
Les lits sur lesquels se couchoient les convives étoient, ainsi que la table, en maçonnerie revê-tue de stuc ; on recouvroit ces lits de matelas et de draperies. Le petit piédestal rond devant latable pouvoit servir à placer l’image de la personne en l’honneur de laquelle on se réunissoit;peut-être même étoit-ce un petit autel sur lequel on répandoit des libations pendant le repas.
Ce triclinium, qui n’a point d’inscription, ne paroît pas appartenir exclusivement à aucun destombeaux environnants; il devoit plutôt être banal, et servir, moyennant une légère rétribution,à toutes les familles qui possédoient des sépultures dans ce quartier 3 ,
La fig. I présente la coupe de cet édifice.
La fig. II donne le détail du fronton de la façade sur la rue.
La fig. III offre la vue perspective de l’intérieur du triclinium. Les peintures, lorsque je les des-sinai, étoient parfaitement conservées. Il n’y a absolument rien de restauré dans cette vue, si cen’est le petit piédestal, qui est aujourd’hui ruiné, comme on le voit dans la coupe (fig. I.)
Le monument suivant marqué E sur le plan (pl. XV) est un de ces tombeaux qui, chez lesanciens, servoient de sépulture commune à tous les individus d’une même famille; il se composed’une enceinte formée par un mur assez élevé et d’une chambre sépulcrale de petite dimension,autour de laquelle on a pratiqué plusieurs niches, ainsi qu’une espèce de soubassement continu,destinés à recevoir des urnes cinéraires (pl. XXII, fig. I). La voûte de cette chambre supporte,à l’exterieur, un cippe de marbre élevé sur deux gradins (pl. XXI, fig. I). L’ensemble de ce tom-beau est d’un aspect assez agréable, et les détails dont il est orné achèvent de lui donner ungrand intérêt. La face postérieure du cippe est entièrement lisse; mais les trois autres sont enri-chies d’ornements et de bas-reliefs. La première (pl. XXI, fig, II) a, au centre d’un bel enca-drement, une inscription dont voici le sens.
« Nevoleia Tyche, affranchie (de Julia), à elle-même et à Caius Minatius Faustus, augustal« et paganus 4 , auquel les décurions, avec le consentement du peuple, ont décerné le bisellium« pour ses services. Nevoleia Tyche a fait élever ce monument, de son vivant, pour ses affran-« chis et affranchies, et pour ceux de Caius Minatius Faustus. »
Au-dessus de l’inscription on a placé le portrait de Tyche , et au-dessous un bas-relief où l’on
(1) Voyez ( Stuck. Antiq. convw. lib. I, cap. 26, p. 124, et Ferret. Musœ lapid. antiq. lib. III, p. i 45 et 191.
(2) Comme il est question des triclinict, dans la seconde partie de cet ouvrage, qui traite des habitations, je n’ai pas cru devoir donner iciplus de détails sur ce sujet.
( 3 ) Il n’étoit permis de rendre cet honneur funèbre qu’aux personnes libres {Lcg. duod. Tabul. de jure sacro. Voyez Ferretus, Musæ lapid.ant. hb. IV , pag. 236 ). Cependant il paroît que cette loi tomba dans l’oubli; car Arbuthnot ( Tabul. ant. num. etcj cite un certain MinutiusAnteras, affranchi, qui légua uue somme annuelle de 10,000 sesterces, c’est-à-dire environ 2,000 francs, pour être dépensée tous les ans enson honneur.
( 4 ) Le premier de ces titres indique que Munatius étoit agrégé au collège des augustaux; le second désigne une charge municipale.. Lernagisterpagi étoit le magistrat d’un pagus ou arrondissement rural. Voyez : ( Pitiscus , Lexic, antiquit. Rom.p. 114 et 212.)