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Première partie.
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EXPLICATION DES PLANCHES

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aux Daces sur la colonne Trajane 1 2 ; son casque est moins riche que celui des Samnites; du resteil a la même armure que son adversaire. Le Mirmillon a est armé à-peu-près comme le vélite, sice n’est que Yocrea qu’il porte paroît un peu plus pesante, et qu’il a à la jambe droite une jarre-tière qui nous servira à distinguer dans ce bas-relief le Mirmillon des vélites; on ne voit point surson casque le poisson dont ces gladiateurs avoient coutume d’orner leur cimier; mais ce qui lescaractérisoit principalement, c’étoient les armes gauloises dont ils se servoient, et qui leur avoientvalu le sobriquet de Gaulois ; celui-ci a en effet à côté de lui une gesa, demi-pique gauloise, qu’ila jetée au moment de sa défaite; quoique vainqueur dans quinze autres occasions, il vient de suc-comber dans cette dernière, et le Thrace son ennemi remporte une trente-cinquième victoire; leMirmillon, blessé à la poitrine, implore la clémence du peuple; mais le thêta 3 , placé à la fin del’inscription qui le concerne, annonce qu’il fut mis à mort.

Les quatre personnages suivants offrent une scène encore plus cruelle. On y voit deux seca-tores et deux retiarii. Nepimus , rétiaire , cinq fois victorieux, a combattu contre un secutor dontle nom est effacé, mais qui n’étoit point indigne de lui être opposé, puisqu’il a triomphé six foisdans différents combats. Son courage a été moins heureux en cette rencontre. Nepimus l’a frappéà la jambe, à la cuisse, au bras gauche et au flanc droit; son sang coule : eu vain a-t-il imploré sagrâce , les spectateurs l’ont condamné à mourir...! Mais, comme le trident n’est point une armepropre à donner une mort sûre et prompte, c’est le secutor Hippolytus qui rend à son camaradece cruel et dernier service : le malheureux condamné fléchit le genou, présente la gorge au ferd "Hippolytus , et se précipite lui-même sur le coup, tandis que Nepimus son vainqueur le pousseet semble insulter avec férocité atix derniers moments de sa victime. Dans le lointain on aperçoitle rétiaire qui doit combattre contre Hipvolytus. Les secutores ont un casque fort simple, de ma-nière à ne donner que peu de prise au trident de leur adversaire ; ils portent un brassard au brasdroit, et un clypeus, grand bouclier rond, au bras gauche. Leur chaussure est composée d’unesandale fixée par des bandelettes. Toute leur armure est légère, et elle devoit l’être: car c’étoitleur agilité seule qui, en combattant, pouvoit leur faire éviter la mort et leur procurer la victoire.Les rétiaires ont la tête nue et ceinte seulement d’une bandelette; ils sont sans bouclier; unedemi-cuirasse leur couvre le flanc gauche , et le même bras porte un brassard, dont l’épauletteest fort élevée; ils sont chaussés, comme les soldats romains, de la caliga, et tiennent pour arme unlong trident. Les filets dont ils cherchoient à envelopper leurs adversaires ne sont pas apparents,l’artiste les a sous-entendus. Le bas-relief de la fig. I ère est terminé par le combat d’un vélite et d’unSamnite. Ce dernier supplie les spectateurs de lui accorder le renvoi; il paroît, au geste du per-sonnage, qu’il ne lui est point accordé. Son adversaire regarde vers les gradins de l’amphithéâtre,il a. vu le signe fatal, et semble se préparer à frapper. t

La fig. Il fait partie de la zone supérieure ; mais elle est séparée du bas-relief donné fig. I, parun des pilastres de la porte. Les sujets font suite aux précédents ; on y voit deux combats : dansle premier un Samnite a été vaincu par un Mirmillon. Ce dernier veut immoler son camarade

(1) On a trouvé dans une des fouilles, à Pompei , une petite figure de bronze, possédée aujourd’hui par M. de Clarac, représentant unThrace à genoux ; son épée recourbée, qu’il tient derrière le dos, est bien reconnoissable. Son costume est semblable à celui du gladiateur quel’on voit ici.

( 2 ) L ’M placé entre le nombre XV et le thé la doit être interprété comme étant 1 initiale du mot mirmillo.

(3) Dans les deux mosaïques publiées par Vinckelmann dans ses Monumenti anlichi med. cap. X, on trouve trois fois cette lettre placée à cotédu nom de deux gladiateurs tués. Cet illustre savant n’en donne aucune explication satisfaisante. M. Millin, en décrivant ce tombeau, rap-pelle, d’après plusieurs autorités, que le 0 se plaçoit après le nom des personnes, quand on vouloit indiquer quelles étoient mortes, parcequecette lettre étoit l’initiale de Qavùv, mort. Ainsi elle indique ici que ce gladiateur nobtint point son renvoi, et qu’il fut condamné par lepeuple. Dans le groupe suivant on n’a point mis le thêta, parceque l’action des personnages dit tout.