Band 
Première partie.
Seite
51
JPEG-Download
 

DE LA PREMIÈRE PARTIE. 5i

sans attendre la réponse du peuple, auquel le vaincu a recours; mais le la/iista, ou maître desgladiateurs, retient ce furieux; ce qui semble annoncer que le Samnite obtint sa grâce. Le casqueet f ocrea du Mirmillon sont gravés plus en grand fig. IY \

La paire suivante offre un combat semblable dans lequel le Mirmillon tombe roide mort.

Le bas-relief de la zone inférieure représente un spectacle moins honteux pour l’humanité,mais presque aussi féroce, puisque le sang répandu en constituoit le principal intérêt. Il est iciquestion, comme dans les fig. II, III, IV et Y, pl. XXXI, de chasses et de combats d’animaux,contre des hommes. Dans la partie supérieure l’on voit des lièvres chassés par un chien : de s jtimides animaux nous semblent indignes des honneurs du cirque; mais la cruauté des Romainsétoit ingénieuse et raffinée; et Martial , dans quelques épigrammes (lib. I, epigr. i 5 , 23 , 53, 71 ),nous a conservé le souvenir de certains jeux où des lièvres parurent dans l’arène en même tempsque des lions. Plus loin, un cerf blessé est poursuivi par des chiens dont il va être la proie. Dansla partie inférieure un sanglier est saisi par un chien de grande taille, qui déjà fait couler sonsang. Au milieu de la composition un bestiaire terrasse un ours d’un coup de lance. Ce person-nage porte des espèces de bottines de chasseur, et est vêtu, ainsi que son camarade, d’unelégère tunique sans manches, serrée sur les hanches, et appelée par les anciens indusia, subucala;c’étoit le vêtement des gens du peuple, comme on le voit par la colonne Trajane 1 2 . Le secondbestiaire a percé de part en part un taureau, qui ne laisse pas de fuir, en emportant le tronçonde l’énorme lance dont il a été blessé; il se retourne vers son ennemi et semble vouloir revenirsur lui : celui-ci donne des signes de la plus grande surprise en se voyant, après un si terriblecoup, désarmé et à la merci de l’animal furieux. Pline {lib. VIII, cap. 45) parle de l’acharne-ment des taureaux dans les combats; il dit en avoir vu , étendus , comme morts, sur l’arène, serelever et retenir leur dernier soupir pour combattre encore. Les chasses d’animaux et les com-bats de taureaux sont les seuls jeux de l’arène qui se soient conservés dans les temps modernes.Les Espagnols et les Romains sont encore passionnés pour cette espèce de spectacles, et à Rome on a construit à cet effet un amphithéâtre en pierres sur les ruines du Mausolée d'Auguste , oùdes gens du peuple, accoutumés à cet exercice, combattent des buffles et des taureaux farouchesavec plus d’adresse que de courage.

Au-delà du monument on trouve encore, au milieu d’un vaste emplacement destiné à des sé-pultures, un autre tombeau marqué L sur le plan; mais il paroît n’avoir jamais été fini 3 4 .

Le dernier monument remarquable que l’on rencontre dans cette partie des nouvelles fouillesest Xhémicycle* couvert, dont on voit le plan, la coupe et l’élévation pl. XXXIII. Ce monument,placé ainsi sur la route (fig. II A), orné de bancs et de peintures (pl. XXXIY), offroit aux voya-geurs un lieu de repos commode et agréable; mais l’utilité publique n’étoit pas le seul motif quil’eut fait élever : il devoit accompagner un lieu de sépulture, comme les deux autres hémicyclesdécouverts que l’on voit pl. VII, et nous pouvons, par conséquent, le ranger dans la classe desmmiuments funèbres. Il est à remarquer que la plupart des tombeaux de ce quartier ont des

( 1 ) On doit remarquer dans ce casque le grillage qui défend l’oeil gauche. Ce côté étoit le mieux armé à cause de la garde antique qui,comme je l’ai observé, exposoit la gauche aux coups de 1 adversaire.

( 2 ) Au second pas de la visse, sur la face postérieure, on voit un muletier tombé de sa monture, et absolument vêtu comme les bestiairesde ce bas-relief.

(3) Il y a aussi dans le même endroit une borne sépulcrale avec une inscription. Ce petit monument est gravé dans la vignette, page 3i.

(4) On appeloit ainsi une sorte de banc demi-circulaire. Cette forme étoit favorable pour se reunir et converser. Cicéron , au commen-cement de son Traité de l’auiitié, nous peint l’augure M. Scævola assis dans un hémicycle pareil [in hemicyclio sedenteni ), et discourant avec

' ses amis.

26

■/