RENAISSANCE
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tournait en dérision les mystères chrétiens ; un peu plustard le génie de Machiavel obtenait de faire jouer à la courde Rome sa comédie de la Mandragore, dans laquelle unprêtre hypocrite prêche ouvertement l’adultère. On en riaitet le pape applaudissait lui-même aux saillies du poète qui,rival heureux de Plaute et de Térence, prouvait qu’il con-naissait aussi bien le cœur des femmes que les ressourcesde la dialectique. Mais il ne fallait pas que la pensée quittâtces jeux d’esprit pour réclamer des réformes : après Arnoldde Brescia, Jérôme Savonarole fut brûlé en 1498 et centans plus tard (1600) Giordano Bruno subit le même sort.
Plus sérieuse que l’Italie, l’Allemagne adopta les idées derégénération et en fit l’âme de sa vie, ouvrant décidémentla lutte contre Rome. Il y avait longtemps que notre paysétait en guerre avec l’autorité pontificale ; aucune de nosgrandes dynasties n’avait négligé de la combattre et l’es-prit d’opposition s’était fait jour dans la littérature, ainsique nous l’avons vu dans les poésies de Walther von derVogelweide. Au quinzième et au seizième siècles, le besoinde rénovation devint plus violent; l’humanité se sentaitmal à l’aise dans cet obscurantisme étroit; elle cherchaitl’air, la lumière et le mouvement ; partout fomentait la ré -volte contre l'ordre de choses établies. Pendant ce tempsles découvertes géographiques de Barthélemy Diaz, deVasco de Gama et de Christophe Colomb reculaient lesfrontières du monde connu, ouvraient au commerce denouvelles routes et montraient à l’activité humaine les mi-racles qu’elle peut accomplir. Taudis que les nations duMidi se lançaient dans la voie des aventures et des con-quêtes lointaines, la nation germanique s’appliqua à pré-parer son émancipation.
Trois éléments essentiels concourent au mouvement dela Réforme, l’opposition religieuse, Je sentiment populaire