Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
199
JPEG-Download
 

RENAISSANCE

199

iree des foyers de lumière à Vienne, à Prague, dans toutes les

tra- villes qu’il visita. Un de ses amis, qui fut ensuite un de ses

ica- adversaires les plus redoutables, le Franconien Grégoire de

ide. Heimbourg, fonda à Nuremberg une école de littérature et

dé- lutta jusqu’à sa mort (1472) pour affranchir l’Allemagne de

na- Rome et de la tyrannie des princes. On comprit bientôt

de que le seul moyen de sortir de la barbarie était de ré-

s’é- pandre l’instruction ; partout où les études prirent racine,

lai- la vie intellectuelle se transforma complètement,pie, Les principaux instigateurs du mouvement furent Ro-

mte dolphe Agricola, qui, appelé en 1482 à Heidelberg, donna

on . une impulsion nouvelle à l’université de cette ville; Jean

ord Reuchlin de Pfortzheim (1455-1521), qui, à Wirtemberg,

pé- enseigna avec succès le grec et le latin et même les premiers

les éléments de l’hébreu ; Conrad Celtès (né en 1459), poète

le couronné de lauriers par Frédéric III, qui répandit le goût

tra- de la littérature ancienne, fonda à Heidelberg la première

fait société littéraire et'encouragea les éditions classiques.

Qa . Sous leur inspiration, des écoles surgirent dans toutes

se les contrées de l’Allemagne. A Nuremberg, ce fut un riche

me patricien Vilibald Pirkheimer, qui prépara les voies à la

an- réforme, à Wurtzbourg, le savant abbé Jean Trithème.

itre Une foule d’humanistes distingués se formèrent à ces écoles,

les et, parmi eux, Erasme de Rotterdam (1465-1436), le savant

sè- émule de Reuchlin,—on les a appelés « les deux yeux de l’Al-

eur lemagne. » Erasme, qui mieux qu’aucun de ses compatriotes

s identifia avec la langue et les idées de l’antiquité classi-san 1 ue i sans songer, il est vrai, à les tourner contre le christia-

ré- nisme, comme les humanistes italiens. Il se plaisait dans

en une épicurienne indifférence, content d’avoir effleuré les

do- abus avec l'arme du ridicule sans vouloir y porter une main

été réformatrice. C’est dans ce sens qu’il écrivit en 1501 son

tux Enchireidion milüis christiani. Mais lui qui aimait tant la cri-

nis t,c l ue et la polémique en philosophie et en littérature

ma «effraya de voir que l’on ébranlait les fondements de l’édi-