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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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RÉFORME, RÉVOLUTION ET REACTION

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sophistes et corrompez le peuple alin de vous asseoir sur sanuque comme des tyrans despotiques! Aveugle et folle Al-lemagne, qui repousse un seul empereur pour te soumettreà un millier de seigneurs ! » Mais cet appel n’était pas en-tendu; c’est à peine si, vers la fin du quinzième siècle, com-mence à poindre la pensée de réformer la Constitution. Lapetite noblesse y songe, puis les bourgeois et les paysans.L’idée trouva même un défenseur dans la haute aristocra-tie, ce fut l’électenr de Mayence, l’archevêque Berthold deHenneberg, qui fit accorder aux villes le droit d’assister auxassemblées de l’empire (1495) et d’établir une contributiongénérale pour alimenter le trésor de l’État. Tout allemandfut taxé à un millième de sa fortune comme impôt annuel.Les familles pauvres se réunissaient par groupes de vingtpersonnes dont chacun payait un gulden par an. Cet impôtétait destiné à payer une armée active. Le rêve de Bertholdeût été d’établir dès lors une monarchie constitutionnelle ;il crut y parvenir en obtenant de la diète un décret qui con-voquait le parlement au 1 er février de chaque année, pourstatuer sur l’emploi du trésor impérial, qui lui donnait ledroit de décider de la paix ou de la guerre, et qui déclaraitque toutes les conquêtes appartiendraient à l’empire. Maisces nouveautés excitèrent moins d’enthousiasme que d’ef-froi; elles blessaient trop d’intérêts et soulevaient trop d’op-position pour que Maximilien, plus chevalier lui-même quedémocrate, et qui, malgré de brillantes qualités, n’avaitnullement l’énergie d’un réformateur, ne fit pas échouer lesplans de Berthold. Celui-ci mourut en 1504, emportant aveclui tout espoir d’une réforme politique en Allemagne.

Telle était la situation de l’Europe, lorsque, le 31 octo-bre 1517,Luther afficha aux portes del’église deWittembergses quatre-vingt-quinze propositions contre les indulgenceset ceux qui en faisaient trafic.

Marthin Luther, né à Eisleben de paysans saxons, dans la

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