Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
219
JPEG-Download
 

CULTURE MATÉRIELLE ET SOCIALE

219

Neckar jouirent bientôt d’une réputation égale à ceux duRhin et de la Moselle. Nicodème Frischlin les chanta en1575, preuve qu’on savait déjà les apprécier à leur valeur.En 1582, Jean Rasch, de Vienne, fit imprimer un traité deviticulture où, entre autres originalités, se trouve cette re-cette contre les fumées du vin : « Avant de boire du vin,mange des racines de wethame? ou bois un bon coup delait, et tu ne te griseras pas. si vite. Le lierre a la vertud’empêcher la migraine le lendemain d’une ivresse. »

Ülm était alors le centre du commerce des vins de l’Aile -magne du Sud; un seul marché en amenait jusqu’à 300 cha-riots et parfois la vente allait jusqu’à 800 tonneaux parjoür. La fraude ne tarda pas à se glisser dans la fabrica-tion ; non-seulement on rendait potables par des mélangesles vinaigres de Marc, mais dans le Sud on mêlait au vintant de cidre que la fabrication de ce dernier liquide fut in-terdite. La bière aüssi faisait une concurrence plus dange-reuse que l’importation des vins italiens et français ; il fal-lût eh limiter la production par des édits. A Reütlingen onpousse même l’iblolérance josqu’à la proscrire absolument.Ce n’est là qu’un fait isolé de mépris contre la boissoil na-tionale (bière vient de l’anglo-saxon bere, orge). Le livre leplus ancien que je rencontre sur ce sujet parut à Erfurt sousce titre : « Cinq livres du don noble et divin, de l’art admi-rable et précieux de fabriquer la bière par Henri-KumKnaustium, docteur en droit. »

La culture des fruits ne fut pas négligée non plus et reçutles encouragements d’Auguste de Saxe et du grand élec-teur de Brandebourg. Dans le duché de Brunswick on ré-coltait en 1591 des coings, des pêches, des prunes, des ceri-ses, des poires et des pommes. En 1620 il parut à Nurem-berg un livre sur les vergers qui comptait 115 sortes depommes, lio de poires, 13 de cerises et 19 de prunes. Auxproduits nationaux se joignirent bientôt les plantes et lesarbres apportés de l'étranger ; le sarrasin nous vint de l’Asie,