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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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CULTURE MATÉRIELLE ET SOCIALE

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Égypte d’où le commerce l’apporta à Constantinople ; unambassadeur de Mohamet IV l’introduisit à la cour deLouis XIV. Le médecin voyageur Rauwolfen aparlé le pre-mier chez nous en 1582. Plus tard (1647), Adam Oléarius ra-contant son voyage à la cour du calife d’Ardebil, dit de ceprince: «Le tabac était une très-grande jouissance pourlui ; il l’aspirait au moyen de grands tubes en verre tout enbuvant d’une infusion chaude de Cahowê, qui doit être unremède contre la luxure. » Le premier café s’ouvrit à Lon-dres en 1652, à Marseille en 1671, à Vienne en 1683, à Ra-tisbonne et à Nuremberg en 1686, à Hambourg en 1687, àAugsbourg en 1713.

Le thé vint de Chine en Allemagne apporté par le méde-cin de Brandebourg Bontekœ, si fanatique de cette boissonqu’il soutint dans une brochure qu’il fallait, pour se bienporter, en absorber 100 à 200 tasses par jour. En mêmetemps les plantes médicinales exotiques étaient cultivéesdans les jardins botaniques. Celui de Kœnigsberg fut crééen 1551, celui de Leipsig en 1580, celui de Breslau en 1587,celui d'Heidelberg en 1597 et celui de Wittemberg en 1711.

Dans les jardins potagers, on rencontrait au commence-cement du dix-septième siècle, des choux, des navets, desbetteraves, des radis, du cresson, des citrouilles, des céleris,des oignons et des choux-fleurs ; dans les jardins d’agrément,les yeux et l’odorat étaient charmés par l’anémone, la violette,la rose, la jacinthe, le lys, l’œillet, le pavot, etc. Le goût desfleurs qui nous était venu d’Italie fut vicié par la maniehollandaise des tulipes, puis vint la régularité monotonedes jardins français, avec leurs allées droites, leurs plates-bandes géométriques et leurs bosquets sans ombre ornés defroides statues mythologiques. Une importation plus heu-reuse fut celle des oiseaux de luxe, des chats d’Angora, despoissons dorés. Les oiseaux des Canaries se multiplièrentrapidement et devinrent pour certains cantons du Tyrol1 objet d’un trafic sérieux.