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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
Avec les progrès de l’agriculture, on doit au seizièmesiècle un progrès parallèle dans les siences et les inventionsmécaniques qui favorisa les travaux des mines, les arts et lanavigation. Bientôt, il est vrai, la découverte des Indes etcelle de l’Amérique déplacèrent le monopole du commerce.Ce fut une perte que l’Allemagne essaya de réparer en ou-vrant de nouvelles routes à ses produits.
Quant fi la vie sociale, elle ne se transforma qu’au mo-ment où les mœurs de la cour de France y pénétrèrent.Nous pouvons cependant prendre idée des mœurs quirégnaient alors par le dialogue de Hütten intitulé : LesVoyants.
Le Soleil et Phaéton contemplent l’Allemagne du hautdes cieux. Les regards de Phaéton s’étant arrêtés sur ladiète qui se tint à Augsbourg en 1518, il demande à sonpère ce que signifie cette réunion. Le Soleil répond qu’elleest destinée à conseiller les princes et les peuples allemands.
« Phaéton. Oh ! quel conseil ! Est-ce donc l’habitude eDtemps de paix que l’on délibère en état d’ivresse commependant la guerre et le combat?
Le Soleil. Assurément. Vois comme ceux qui ne sont pasivres et qui vaquent aux affaires sont méprisés de leurscompatriotes et traités d’étrangers,
Phaéton. Dieu! quel bruit! quel vacarme, quelle orgie! »
Et plus loin il ajoute :
« Je vois des hommes et des femmes qui se baignent en-semble; sans doute ce n’est pas en tout honneur.
Le Soleil. Mais si.
Phaéton. Je les vois qui s’embrassent.
Le Soleil. Certainement.
Phaéton. Et qui s’enlacent joyeusement.
Le Soleil. Ils s’entendent probablement pour passer lanuit ensemble. »
Le noble allemand qui ne se transforma pas en courtisan