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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

deux ans sept tlialers (1) environ de mes pai’ents. » A douze coans, son père l’habilla de futaine pour la première fois; à ruquatorze, on l’envoie à l’école supérieure de Goldberg avecdeux thalers qui lui paraissent une fortune, vingt deux ,j a

groschen (2) pour les livres et un béret en velours. « En 1567 au

mon père m’acheta ma première épée qu’il paya 34 gros- 6U

ch'en. Trois ans plus tard, je me mis à faire la cour aux j ei

jeunes filles. De retour chez moi en 1570, je \ surveillai lemoulin et la pêcherie et je réglai les comptes des gens de la ,

maison et des batteurs de blé. » En 1573, il suit le duc de gy

Liegnitz à la cour de Mecklembourg. « A ce voyage, j’acquis j eune grande renommée par la grande quantité de boisson p a ,

que j’absorbais. » Un siècle plus tard, c’était encore une me

gloire de boire beaucoup, et nous voyons un grand cham- nu

bellan de Brandebourg engloutir à son repas dix-huit me- ((

sures de vin. Les dames elles-mêmes ne dédaignaient pas le (

bon vin, tandis que celles de la cour d’Élisabeth d’Angleterre SU£déjeûnaient avec des hareugs et de la bière. rec

Veut-on savoir quelle était la sobriété dont on usait à la j e

cour d’Ernest le Pieux, l’une des plus polies pourtant de a u (

l’Allemagne? Le réglement de cette cour en son neuvième q U(

paragraphe disait: « Notre épouse aura pour son déjeûner p ra

et son dîner autant de vin et de bière qu’il lui plaira ; pour ma

les demoiselles nobles, elles auront chacune quatre mesu- p

res de bière à dèjeûner et trois à dîner. » Pendant tout le p a ]

seizième siècle, à côté des buveurs célèbres se distinguèrent ma

des buveuses non moins renommées, entre autres la com- rett

tesse Anna de Holberg, abbesse de Quedlinbourg et la ber

princesse Anna de Saxe, fille de l’électeur Maurice. deu

fils

. cha

Schweinichen décrit de la sorte l’épilogue d’une fête à la

étai

( 1 ) Le thaler vaut 3 fr. 75 cent. cub

(2) Le groschen ou gros vaut environ 6 centimes. Cf)n