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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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CULTURE MATÉRIELLE ET SOCIALE

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chaises sont de bois précieux et artistement travaillé, dontle dedans et le dehors sont ornés de peintures excellentes.La maison de Raimond Fugger, dans la rue de la Sellerieau Trèfle, est également royale et s’ouvre de tous côtés surdes jardins magnifiques où se rencontrent toutes les plantesd’Italie, ainsi qu’une superbe salle de bains. Les jardins duroi de France, à Blois et à Tours, me paraissent moins beaux.Les portes à l’intérieur se répondent et font communiquerune chambre à l’autre. Le premier étage contient plusd’antiquités que n’en possède aucun propriétaire italien. »Plus tard, Hans de Schweinichen, qui vint à Augsbourgavec son pauvre diable de duc, fut admis à visiter ces splen-deurs : « Monsieur Fugger, dit-il, fit à sa seigneurie ducaleles honneurs de sa maison, qui est si vaste que pendant ladiète, l’empereur put y loger avec toute sa maison. Il lui fitvoir une tourelle remplie de bijoux, de pierres précieuses,de monnaies étrangères et de lingots d’or de la grosseurd’une tête d’homme. Ce trésor valait plus d’un million. Dansune armoire se trouvaient 200,000 florins de ducats et decouronnes. Le sommet de la tourelle était couvert de beauxécus jusqu’au milieu du toit. On dit que M. Fugger auraitde quoi acheter un empire. »

La plupart de ces patriciens possédaient en outre desmaisons de campagne dont les salles étaient ornées de fres-ques magnifiques, de cheminées italiennes, de vitrauxpeints, de tapis somptueux. L’argenterie ciselée et les verresde cristal brillaient dans les principaux appartements. Cave etcuisine étaient luxueusement pourvues et les fleurs ainsiquela musique égayaient les fêtes de famille. Les jeux ue man-quaient pas non plus que les coursés etles tournois. Pendan t1 hiver de magnifiques traîneaux sillonnaient les rues et lecarnaval devenait la saison des nlaisirs pour tout le monde.

Cependant vers le milieu du dix- «septième siècle la fortunepublique déclina rapidement. Augsbourg fut si cruellementéprouvée par la guerre que sa population diminua de plus