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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

de 60,000 habitants. L’industrie et le commerce dépéris-sant, les gens riches furent réduits à la mendicité et la mi-sère devint générale. 11 en fut de même des autres villes.Ce n’est qu’en 1650 que la bourgeoisie se releva un peu deses pertes, sans parvenir à retrouver ni la puissance de laHanse ni l’opulence des Fugger.

A la paix de Westphalie, les villes de Cologne et de Ber-lin, la capitale actuelle de la Prusse, ne comptaient guèreque douze cents maisons, la plupart en bois. Les porcs sepromenaient encore dans les rues et les courtisans ne pou-vaient se rendre à la cour que sur des échasses à travers laboue. L’exemple de Berlin nous montre avec quelle rapi-dité s’accroissent les résidences royales; en 1657 elle comp-tait déjà 20 ,(j 00 habitants. Le grand électeur y fit percerdes rues qu’il embellit d’édifices publics et qu’il ordonna debalayer et de paver. En 1360 l’éclairage y fut introduit, cequi n’eut lieu pour Dresde qu’en 1705. Augsbourg eut despompes à feu dès 1553.

Cependant la cabane du paysan allemand était en proieà une triste misère que le héros d’un roman de mœurs,Simplicissimus, nous expose en ces termes : « Mon père avaitun palais tel qu’aucun roi n’en possédait de semblable. Ilétait peint avec de la terre glaise, l’ardoise inutile, le plombet le cuivre rouge du toit étaient remplacés par de la paillesur laquelle pousse le noble blé. Mon père ne se servit pasde méchantes briques pour élever les murs de son château;il usa des richesses qui lui venaient d’Adam, des branches etdu tronc du chêne. La couleur noire de la fumée, la plusdurable du monde, décorait les appartements dont les ta-pisseries, du tissu le plus fin, étaient dues à la fileuseArachné qui lutta jadis contre Minerve. »

Le costume était à l’avenant, simple et peu .eommode.Pourtant le paysan n’en voulait pas changer, comme nousle voyons par une ordonnance de 1600 que rendit Maximi-lien de Bavière. Ce prince, en prévision de la guerre de