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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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CULTURE MATÉRIELLE ET SOCIALE

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Trente Ans, exigeait que l’on adoptât le pantalon, mais lespaysans refusèrent de quitter leurs culottes courtes etétroites.

Quant à l’éducation des enfants, on devine combien elledevait être négligée. Ils grandissaient pêle-mêle avec le bé-tail et sans plus de soin. La guerre de Trente Ans laissa dansles campagnes des traces désastreuses. Des bandes de ma-raudeurs (frères Mérodes) traversèrent le pays en tous sens,portant partout le pillage, le meurtre et l’incendie. A cesbandes se joignirent les mendiants, bohémiens, moines dé-froqués, filles perdues. Une brochure de l'époque, Liber va-gatorum, ne compte pus moins de trente espèces de cetteengeance.

On s’occupa davantage de l’entretien des routes et c’est lemoment où, dans la Forêt-Noire, on construisit ces cheminsen bois qui furent imités par l’Angleterre, et donnèrent lapremière idée de chemins de fer. Mais ce n’était là qu’une ex-ception. En général les communications étaient interrom-pues par le mauvais état ou le manque de routes autantque par la terreur qu’inspiraient les maraudeurs et les che-valiers brigands. Les distances que l’on franchit aujourd’huien un jour avec une parfaite commodité demandaient alorsdes mois entiers. Rien ne saurait donner idée de la lenteuret des difficultés que nos pères rencontraient pour voyager,cela leur était même impossible pendant la mauvaise sai-son. Les auberges n’offraient que des ressources précairesqu'il fallait disputer à la brutalité de l’hôte ou à l’insolencede quelque seigneur en voyage. Voici comment Erasmedépeint en ses colloques les auberges allemandes : « A l’ar-rivée personne ne vous salue, la dignité ne permettant pasqu’on ait l’air de se soucier de vous. Après avoir appeléplusieurs fois, vous voyez paraître une tête à la petite fenê-tre de la chambre voisine de la grande salle, et vous d£-