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LA SOOIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
mandez si l’on peut vous loger ; vous ne restez que si l’on yconsent. D’un mouvement de la main, on vous indiquel’écurie ; aucun domestique ne vient prendre votre montureque vous devrez soigner vous-môme. Dans les hôtels impor-tants, un domestique vous indique la place de votre cheval,mais les meilleures sont réservées aux gentilshommes. Nevous avisez pas d’être mécontent ; on vous répondrait: Sicela ne te convient pas, loge-toi ailleurs. Le foin dans les villesest rare et aussi cher que l’avoine. Votre cheval arrangé,vous entrez dans l’auberge avec vos bottes sales et vos ba-gages. La salle chauffée sert pour tous les voyageurs ; onne connaît pas la commodité des chambres particulières oùl’on peut changer d’habits et de linge. Tout cela se fait encommun. Les habits mouillés sèchent près du poêle autourduquel vous prenez place. Quand même vous seriez arrivéà quatre heures, on ne sert qu’à neuf ou dix heures et tousles hôtes à la fois. La même pièce réunit souvent jusqu’àquatre-vingt ou quatre-vingt-dix personnes ; l’un se peigneles cheveux, l’autre essuie sa sueur, un troisième empestel’ail. Le mélange des langages ressemble à celui de la tourde Babel. Qu’un voyageur se présente en tenue convenable,tous les regards se portent sur lui comme sur une bête ve-nue de l’Afrique. A table même ils vous fixent curieuse-ment et en oublient le boire et le manger. Le dîner est servisur six ou huit tables couvertes de nappes et les convives,après s’être comptés, se placent sans distinction à la suiteles uns des autres. Devant chacun d’eux on apporte uneassiette, une cuiller de bois et un verre, puis le pain. 11 fautquelquefois attendre une heure le premier plat, ilnutilodedemander à se reposer après le repas, tout le monde doitse retirer en même temps et se coucher dans des lits dontles draps ont peut-être servi six mois sans avoir étélavés. »
Les voyages en bateau étaient un peu plus commodes etplus rapides, d’autant que l’Etat ne s’occupa des routes qu’au