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LA SOCIÉTÉ KT LES MŒURS ALLEMANDES
pendant l’uniforme fut de bonne heure adopté par les lans-quenets. Déjà, à Marignan, François I er en avait sous sesordres une troupe à qui la couleur de ses habits avait valule nom de bande noire. Toutefois cet usage ne se généra-lisa que plus tard et l’on se contentait d’exiger de chaquesoldat une écharpe aux couleurs de son commandant.— La discipline était assez sévère mais exécutée tropnégligemment. Chaque régiment avait son conseil deguerre et les coupables périssaient entre deux haies de pi-ques dirigées contre eux. C’est probablement le duc d’Albequi introduisit les verges aux Pays-Bas; la peine des ba-guettes fut imaginée par Gustave-Adolphe. Malgré tous cesmoyens de discipline, le lansquenet ne cessa d’être uneplaie pour les bourgeois et les écrits du temps n'en parlentqu’avec mépris.
Un maréchal de camp dirigeait la cavalerie. Chaque éten-dard ou compagnie comprenait 60 lanciers, 60 carabinierset 120 cuirassiers. La grosse cavalerie, pesamment armée,comme au moyen âge, montait de grands étalons de tour-noi. Elle avait une grande lance, une longue épée, deuxpistolets à roue, souvent même une massue. L’armure etl’équipement les rendaient si lourds que si, pendant lecombat, l’un d’eux vidait les arçons, il fallait deux hommespour le remettre sur pied. Les chevaux des carabiniersétaient plus légers, leur armure moins lourde ; avec leurépée ils portaient une carabine courte qu’ils tiraient enl’appuyant contre leur poitrine. Un régiment de 750 à 1,000chevaux avaient pour officiers le colonel avec 400 florinsde solde, le lieutenant-colonel qui en touchait 100, les ma-réchaux-de-logis chef 40 et les fourriers 24.
Le général qui commandait l’artillerie jouissait d’unegrande considération et d’une solde importante; il avaitsous ses ordres un lieutenant, un trésorier, un garde d’ar-tillerie et plusieurs employés subalternes. Chaque pièceavait ses fusiliers et ses artificiers ; le train était sous les