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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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EXISTENCE ET ÉDUCATION DES COURTISANS

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Hesse, recommandant cet exercice à ses enfants dans sonestament, disait : « Si le bon Dieu n’avait pas voulu qu’iJy eût du gibier, il ne l’aurait pas fait admettre dans l’ar-che. » H eut d’ailleurs de quoi se satisfaire, puisque dansune de ses chasses on tua jusqu’à mille sangliers et cent cin-quante cerfs. Dans certaines contrées du Nord, il y avaitencore des aurochs et des élans.

A ces plaisirs violents, les femmes joignaient les soinsplus utiles du ménage. Elles surveillaient la cuisine, lacave et la lingerie, se chargeaient des emplettes et tenaientavec exactitude les comptes de la maison. La châtelaines’occupait aussi de la pharmacie et des remèdes, que l’onne trouvait pas dans les villes et qui coûtaient alors fortcher. Quelques superstitions se mêlaient à des connaissancessérieuses ; ainsi l’ambre jaune et la corne du pied de l’élanétaient regardés comme des remèdes souverains. Anna,femme de l’électeur de Saxe, était honorée comme unsavant médecin et on lui demandait des recettes mysté-rieuses pour les maladies incurables, ainsi que nous levoyons par une correspondance échangée entre elle et unedes dames de l’impératrice, Brigitte de Traulson.

C’était, pour les personnes de distinction, un travail assezimportant que celui de la correspondance, car les lettresprivées remplaçaient alors les journaux. Ici encore nousrencontrons cette même Anna de Saxe parmi les person-nages qui en écrivirent ou en reçurent le plus grandnombre. On conserve dans les archives de Dresde vingt-deux volumes in-folio, contenant plus de onze mille lettresde cette princesse ; le recueil de celles qui lui furent adres-sées s’élève à soixante-sept volumes. Beaucoup de princeschargeaient des savants ou des artistes de leur écrire lesnouvelles de chaque jour et leur payaient ce service. Unautre amusement des cours fut celui des boutions de l’un°u de l’autre sexe, qui, à un corps difforme, joignaient d’or-dinaire un esprit burlesque. L’un des plus remarquables,