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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

Kuntz von der Rosen, bouffon de Maximilien I er . se distin-gua par d’autres qualités encore que la verve comique etfut un serviteur de bon conseil et des plus dévoués. On citeaussi Judes, le fou de Ferdinand II. Mais la bouffonneriedégénéra bientôt en arlequinade et Auguste le Fort nommason bouffon Froelich, comte de Saumagen, c’est-à-dire de« l’estomac de cochon. »

Les baptêmes et les mariages princiers étaient des occa-sions favorables pour déployer du faste et rassembler nom-breuse compagnie. Aux noces d’Ulrich de Wurtemberg etde Sabine de Bavière fl y eut sept mille invités ; on tua centtrente-six bœufs et dix-huit cents veaux; deux fontainesversaient nuit et jour du vin rouge et du vin blanc. Audix-septième siècle le luxe et la dépense s’accrurent encoreet des sommes énormes furent prodiguées en banquets,chasses, spectacles et feux d’artifice. Au mariage de Guil-laume-Louis de Wurtemberg avec une princesse de Hesse-Darmstadt, sept mille hommes d’infanterie formaient lahaie et les fêtes se succédèrent du 12 au 19 février. Le 16on tira un feu d’artifice aux pièces innombrables. La courimpériale renchérit naturellement sur ces magnificences;les fêtes du mariage de Léopold I er avec l’infante Margue-rite-Thérèse durèrent du 5 décembre au 22 février. L’en-trée des deux époux à Vienne se fit au milieu de quinzecents gentilshommes à cheval. Le 8 décembre il y eutfeu d’artifice, chasse au Prater et sur le Danube ; le 3 jan-vier, promenade en traineau, le 5 loterie, le 24 eut lieuce fameux ballet de chevaux où l’empereur figura avecplus de mille personnes et qui valut à son inventeur20,000 florins de gratification, le titre de baron et une pen-sion de 1,000 florins.

Ce ballet caractérise trop bien les mœurs de la cour àcette date pour que n’en donnions pas ici un léger croquis.