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LA SOCIÉTÉ ET LES' MŒURS ALLEMANDES
des trompettes, et la lutte devient très-animée. En ce mo-ïiaent un petit nuage descend du ciel et en s’entrouvant dé-couvre un globe étoilé sur lequel est assise l’éternité quiapaise les combattants en ces termes : « Arrête le choc desarmes, ralentis la fougue des chevaux, apaisez votre cour-roux. Ce que Neptune a de plus rare, tout ce qu’il y a deplus précieux, le ciel l’a destiné depuis longtemps au plusgrand prince de la terre. » Des flancs du globe sortent en-suite les quinze génies des empereurs défunts montés surdes chevaux richement caparaçonnés et suivis d’une écailled’argent dans laquelle brille une grande perle avec le por-trait de l’impératrice. Enfin le cortège se ferme par le géniede l’empereur escorté de prisonniers indiens, tartares etmaures.
Le ballet est exécuté par les quatre escadrons de cavalerieentre lesquels se placent douze satellites à cheval. Les che-valiers combattent chacun pour la défense de son élémentrespectif et se livrent à un simulecre de lutte à l’épée et aupistolet. Un nouveau changement de scène amène un charde triomphe avec sept chanteurs magnifiquement parés ettermine la représentation,
Cependant le goût des tournois se perdit peu à peu, sur-tout après l’issue funeste de celui de 1559, qui coûta la vie auroi de France Henri II. On les remplaça par des spectaclesoù la poésie et les devises de la chevalerie se mêlaient auxsouvenirs mythologiques. Les guerres contre les Turcs ap-portèrent en même temps l’usage d’élever des espèces dechâteaux à deux troupes, l’une sous le costume oriental,l’autre habillée en hussards hongrois, qui se lançaient desmilliers de projectiles; puis vinrent les carrousels, (J» 1furent à ia mode pendant plusieurs siècles : enfin la pubH -cation du roman de D Urfé, l'Astrée, fît changer tous cesspectacles en pastorales langoureuses.