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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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EXISTENCE ET ÉDUCATION DES COURTISANS

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Nous avons dans nos précédents chapitres parlé du luxequi entourait les diètes au moyen âge. Il se continua auseizième siècle, et s’étala pompeusement à l’entrée deCharles-Quint à Augsbourg, le 15juin 1530 : deux escadronsde lansquenets défilant sur sept hommes de front ouvraientla marche avec leur colonel Max d’Egerstein. Venaient en-suite les gens de l’empereur, de l’électeur de Brandebourg,de ceux de Mayence, de Trente et de Cologne, suivis decinq cents chevaux qui escortaient les ducs Guillaume etLouis de Bavière. Après eux s’avançaient les Brunsvickoispar file de quatorze, les Hessois, par files de vingt-six, etles Pomêraniens par files de sept, puis une foule de comtesallemands et espagnols. Le cortège proprement dit étaitprécédé de chambellans et de vingt pages, des pages et ca-valiers du roi de Hongrie, des chevaux de l’empereur mon-tés par des Polonais, des Turcs et des Génois, d’une foulede seigneurs et potentats de la cour, de la noblesse de Bo-hême sur des chevaux magnifiques et parée de chaînesd’or, des trompettes et des hérauts, devant lesquels mar-chait un prêtre avec la croix, des princes de l’Église, desprinces régnants et des électeurs. Celui de Saxe portait unglaive en qualité de maréchal. Enfiu parut l’empereur surun cheval blanc, en uniforme espagnol chamarré d’or, sousun dais de damas rouge que portaient les conseillers d’Augs-bourg et entouré de trois cents satellites. Derrière Charles-Quint s’avançaient le roi Ferdinand et le nonce du pape,Campeggio, puis les prélats et leurs domestiques. Dix-huitgardes de la ville et deux mille bourgeois fermaient la•uarche qui eut lieu au son des cloches et au bruit du ca-Q( ®. U était difficile de déployer plus de pompe et de ma-gnificence;

h éclat dont les princes étaient entourés pendant leur vie* es su ivait même après leur mort. C’est ainsi que, le 22 marsl’empereur Maximilien II reçut à Prague des funé-ailles magnifiques. Une partie de l’appareil catholique