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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
avait passé dans le culte protestant, et l’on avait conservél’habitude d’exposer le corps des princes sur un castrumdoloris avant de les inhumer. Ces cérémonies funèbresétaient si coûteuses que l'on dépensa, dit-on, 200,000 tha-lers aux funérailles de la première reine de Prusse (1705).
Il fallait aussi beaucoup d’argent pour la toilette desprinces et princesses. Des maisons de commerce d’Augs-bourg, de Nuremberg et de Leipzig n’avaient d’autre spé-cialité que de fournir les cours d’étoffes et de bijoux. Lestissus les plus recherchés étaient le velours et le satin bro-ché d’or, qui valaient de 5 à 18 florins l’aune. On employaitencore à cet usage la soie lustrée, le damas, le taffetas detoutes les couleurs. De belles fourrures d’hermine et dezibeline rehaussaient les habits de gala, sans parler desdiadèmes, colliers, chaînes, médailles, croix, bracelets etautres bijoux garnis de pierreries. Chaque princesse en ap-portait un coffret dans sa dot. Celui d’Anna, fiancée deJean Sigismond, électeur de Brandebourg, ne valait pasmoins de 40,000 marcs, somme considérable pour l’époque.
Suivant leur coquetterie ou le caprice de la mode, lesdames se couvraient plus ou moins la poitrine et lesépaules. Elles relevaient leurs cheveux au-dessus du frontet les laissaient retomber en boucles des deux côtés duvisage. Elles empruntèrent même aux hommes leur colroide et épais qui déroba tous les gracieux mouvements ducou et força de porter la tête droite.
Le sexe fort abandonna la barbe épaisse du moyen âgepour la moustache et la barbiche à la Henri IV, puis vinrentles perruques de Louis XIV avec les autres vêtements fran-çais. Au lieu uu manteau espagnol, on porta l’habit brodé;le pantalon fut remplacé par la culotte courte et les bas desoie; le glaive à deux tranchants avec sa poignée en croixdisparut devant l’épée de cour. Le malheur n’eût pas