EXISTENCE ET EDUCATION DES COURTISANS
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été bien grand si la corruption des mœurs n’avait accom-pagné cette métamorphose. Mais à la licence que nousavons signalée dans notre peinture du moyen âge vinrents'ajouter les raffinements d’immoralité empruntés auxcours de François I er , de Henri IV et de Louis XIV. Noussommes édifiés sur les vices de cette dernière par les lettresde la duchesse d’Orléans, mère du régent, la vertueuse etintelligente Elisabeth- Charlotte de Bavière.
Quelques princes allemands essayèrent de sauver aumoins les apparences. Philippe de Hesse parvint à assouvirses passions en contractant une union bigame que sanc-tionnèrent servilement Luther et Mélanchton. D’autres nerougirent pas d’unir leur destinée à la femme qu’ils ai-maient, au lieu d’en faire leur maîtresse : Guillaume deBavière épousa Maria Pettenbeck et l’archiduc Ferdinanddu Tyrol Philippine Welser. Il est vrai que pendant cetemps l’électeur de Brandebourg, Joachim II, affichait im-pudemment sa belle maîtresse Anna Sydov.
Vers la fin du seizième siècle, la cour de Clèves et Juliersse distingua par des excès d’immoralité, et Jacobée doBade, épouse débauchée du stupide duc Guillaume III,paya de sa vie ses débordements, à l’instigation de sabelle-sœur Sibylle, non moins corrompue qu’elle. L’élec-teur Chrétien II de Saxe, qui mourut en 1611 des suites deson ivrognerie, avait été rendu infirme par la débauche etl’intempérance. A la cour de Cassel, le maréchal de Her-tingshausen ayant prévenu l’électeur que sa femme Julianele trompait avec un beau page, celui-ci le tua en plein jourdun coup de pistolet. Le comte de Kœnigsmark ayantnoué des relations amoureuses avec la princesse Sophiede Hanovre fut assassiné par l’époux outragé. Sa sœur, labelle Aurore, qui eut le maréchal de Saxe du roi de Po-logne, Auguste II, fut une des femmes galantes les plus re-marquables de son temps. On sait que son fils ne démentitPas son origine et devint l’aïeul d’un célèbre romancier fran-
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