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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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EXISTENCE ET ÉDUCATION DES COURTISANS

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au pédantisme religieux et le drame, aux mains de HannsSachs et de Fischart, affectait encore une forme si grossièreque ces essais n’avaient aucune prise sur la société aristo-cratique. Les ronces et les épines de la théologie étouffaientl’intelligence et rebutaient les âmes délicates et sensiblesqui se rejetaient vers les chefs-d’œuvres classiques. C’est cequi explique pourquoi tant de femmes distinguées du sei-zième et du dix-septième siècle apprirent le grec et le latinou cultivèrent les littératures méridionales qui offraient aleur goût des inspirations modernes sous une forme gra-cieuse. Déjà l’Italie avait produit Dante, Boccace, Pé-trarque, Pulci, Boïardo, A ri os te; en Espagne, les pastoralesamoureuses de Boscau, de Garcilaso et de Montemayordevaient servir bientôt de modèle au français d’Urfé, tandisque du cerveau de Cervantès sortira un roman satiriqueinimitable. L’Allemagne, à ce moment, n’avait en fait d’Ho-mère que son fougueux Luther, et la haute société, peusoucieuse d’une littérature sans idéal, en était venue jusqu’àdédaigner la langue nationale. Le français même était peuconnu, et lorsque François P r voulut s’entendre avec lesprotestants d’Allemagne, il lui fallut trouver des diplo-mates qui parlassent notre idiome. En général, on se ser-vait du latin dans toutes les affaires d’État. Cela changearapidement sous la triple influence du calvinisme, des pas-sions françaises et des plaisirs de Paris. Les cours de Ba-vière, de Hesse et de Nassau se francisèrent les premières :déjà l’électeur de Bavière, Frédéric III, écrivait sa corres-pondance en français. Les mœurs de la cour de Francebannirent toutes les vieilles coutumes du château de Hei-delberg, à l’exception des orgies bachiques. Lorsque, en1613 , l’électeur Frédéric, qui devait plus tard jouer un sitriste rôle comme roi de Bohême, fit son entrée dans sacapitale avec sa fiancée Élisabeth Stuart, des enfants de laville le complimentèrent en français. A la cour de Hessevenaient, avec ce même engouement pour la France, un