EXISTENCE ET EDUCATION DES COURTISANS
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Pour mettre un frein à cette manie antipatriotique, Louisd’Anhalt, qui avait acquis par l’étude et dans ses voyagesun savoir profond, résolut de fonder une académie sur lemodèle de celles d’Italie. Guidé par Teutleben, gentil-homme thuringeois, il créa une société où l’on devaitécrire et parler un allemand correct. Telle fut l’origine dela première société de linguistique, inaugurée en 1617 etqui prit pour symbole un palmier avec la devise tout àprofit. Une foule de princes, de généraux, de diplomates, desavants et de poètes s’en firent recevoir membres et parmieux Opitz et Dietrich. Si ses productions littéraires portentle cachet d’une époque de médiocreté, elles n’en ont pasmoins contribué à purifier notre langue. En 1642, Harsdoer-fer et Klai fondèrent une Société semblable à Nuremberg,sous le titre de fleurs couronnées. L’année suivante Philippede Zesen suivit leur exemple à Hambourg. Il est fâcheuxque ces louables tentatives n’aient pas suscité quelquegénie poétique dont les accents nationaux auraient encou-ragé ces timides aspirations. Cent ans devaient s’écoulerencore avant que nous eussions un vrai poète national.Aussi toutes nos institutions étaient calquées sur celles dola France, à commencer par l’académie des sciences fondéeà Berlin en 1700 sous les auspices de la reine de PrusseCharlotte, avec le concours du grand Leibnitz.
« De nos jours, disait une brochure de 1689, tout doit''ire français. »