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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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SCIENCES

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de la littérature et des arts. Tout jésuite qui voulut s’ins-pirer du sentiment national dut renoncer aux principes deson ordre, comme le fit Jacques Balde qui, dans ses odessublimes, déplora les malheurs de la guerre de Trente Ans.

La doctrine de Luther eut pour principal interprète etdéfenseur Philippe Mélanchton (1497-1560), esprit fin etintelligent à qui le protestantisme doit beaucoup, mais quieut tort d'anathématiser les paysans rebelles et d’applaudirau bûcher sur lequel le fanatique Calvin fit brûler Servet(1553). Ses travaux furent continués par David Chytrôe(1530-1600), Jean Gerhard (1582-1637), George Caliste etLéonard Hutter. La doctrine plus libérale de Zwingle futpropagée par GEcolampade (1488-1531), Martin Bucer(1491-1551)), Volfgang Capito (1478-1541) et Henri Bullinger(1504-1575). Le dogmatisme catholique était moins brillam-ment représenté et les productions de Jean Eck (1486-1545)ne ressemblent que de fort loin à celles de Bossuet, le granddéfenseur du catholicisme en France au dix-septième siècle.11 n’y eut pas non plus de polémiste pour lancer contre lamorale de Busenbaum (1600-1663) les traits acérés qui ontrendu immortelles les Provinciales de Pascal. Les membresactifs de la société de Jésus combattaient avec avantage lathéologie luthérienne et l’un d’eux, le père Canisius (1521-1598) composa un cathéchisme opposé à celui de Luther quilui valut le nom de « marteau des hérétiques ». A GottfriedArnold (1665-1714)) était réservé l’honneur de fonder lascience de l’histoire ecclésiastique, en se tenant avec uneéquitable impartialité à égale distance des deux partisextrêmes.

L’orthodoxie protestante, par sou intolérance et sonétroite immobilité, devait bientôt pousser les âmes au mys-ticisme. Ce n’est pas sans raison que Logan disait : « Lu-thérien, papiste et calviniste, ces trois religions existent,mais on se demande où est le vrai christianisme. »

Tous les esprits supérieurs et les cœurs sensibles, rebutés