SCIENCES
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devait être néfaste pour l’Allemagne, mais qui, à son ori-gine rendit un service salutaire en combattant le luthé-ranisme. Je veux parler du piétisme que représententSpener (1635-1705) et Franke. Le principe fondamental deSpener, que la religion est une affaire de cœur, est au-dessus de toute contestation ; Franke eut le mérite de tra-vailler à l’amélioration de l’instruction primaire, alors sinégligée; par là encore le piétisme agit dans le sens démo-cratique et en opposition avec l’orgueilleuse police de Lu-ther. Quant à l’enseignement supérieur, il était dirigé, chezles protestants comme chez les jésuites, vers la théologie etla philologie. Les meilleures écoles normales furent cellesde Goldberg, dirigée par Trotzendorf (1490-1556), celle d’il—feld, dirigée par Michel Néander (1515-1595) et celle deStrasbourg, sous la direction de Jean Sturm (1507-1589).
Jusqu’au dix-huitième siècle, l’Allemagne emprunta auxétrangers les principes et la théorie des sciences. Il en fut demême pour la jurisprudence. Grotius avait le premier clai-rement défini le droit naturel; Locke et Spinoza fournirentà Leibnitz les idées essentielles de législation qu’il devaitdévelopper avec Thomasius et Pofendorf (1632-1091). C’estainsi que la politique de Machiavel, de Sidneyet de Hobbesinspirera les travaux de Chemnitz et de Jean Scliilter.
Notre premier traité de justice criminelle, œuvre de Be-noit Karpzov et de Pierre Müller, ne fut qu’un commen-taire du code criminel connu sous le nom de Caroline, pro-mulgué par Charles-Quint en 1532. Ce code renfermait desages dispositions contre la procédure arbitraire. A l’épo-que de la Réforme, la justice avait été exercée sans pitié etmême avec une cruauté raffinée. La torture était le procédéfavori; elle n’épargnait ni les enfants, ni les femmes, ni lesmalades, ni les aliénés. Quaud on jette les yeux sur leschambres de justice, on reconnaît que le luthérianisme n'a«
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