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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

vait nullement adouci les mœurs et que la bonhomieallemande sut inventer des tourments qui avaient échappéà la malice française et à la finesse italienne, En 1570, àFrancfort, n’oût-on pas l’ingénieuse idée d’enfermer unesouris sous un plat sur Je ventre d’un accusé que les autrestortures n’avaient pu décidor à avouer son crime ? En 1558,dans la môme ville, un juif fut pendu par les pieds entredeux chiens vivants. On est heureux de pouvoir signaler unrayon d’humanité qui perce parfois ces horreurs judiciaires.A Mie, il était d’usage que les mères infanticides fussentprécipitées du pont du Rhin et sauvéos si elles arrivaientvivantes à la tour Saint-Thomas. En janvier 1567, on trouvaprès du puits du marché au seigle, le cadavre d’un enfantnouveau-né. Il fut prouvé que la mère était Amélie, filled’un citoyen de Bâle, Henri de Lubeck. Elle avait eu cet en-fant du mari de sa sœur. Après être accouchée, elle l’avaitégorgé et jeté dans la Birsig. Condamnée d’abord à être en-terrée vivante, elle vit sa peine commuée on celle de lanoyade. Sur le pont du Rhin elle chanta le psaume : « Damma détresse, je m’adresse à toi, Soigneur ! » Puis le bour-reau Payant liée, la précipita. Près de la tour Saint-Thomas,des femmes la retirèrent de l’eau et délièrent ses cordes.Elle fut grâciée et se maria plus tard. Même aventurearriva à une servante en 1588.

Les mœurs du peuple étaient si grossières et si farouchesque la rigueur des lois criminelles pouvait seule prévenirles crimes et en imposer aux vices. Il faut lire dans le jour-nal de maître François, bourreau de Nuremberg, l’énumé-ration des horreurs commises en oes premières années dudix-septième siècle, bigamie, sodomie, inceste viol des en-fants, fréquentes tentatives d’assassinat, etc. La fit de nom-breux efforts pour introduire le droit romain dans le codecivil, sans parvenir toutefois à effacer les traces du vieuxdroit germain, ainsi que le prouve la révision du codeODérée en 1555. Pour le droit commercial, Théophile