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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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264 LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

Vantée parles légendes de l’Orient, elle n’a jamais manquéd’adeptes. Combien de gens qui, pour avoir voulu par desmoyens secrets arriver à la fortune, se sont réduits à lamisère eux et leur famille ! Combien d’autres qui n’ont prisce moyen que pour mieux exploiter la crédulité publique!Il y en a peu qui aient imité la franchise d’Agrippa deNettesheim (1486-1535) qui, après s’être occupé toute sa viede sciences occultes, écrivit son De scientiarum vanitate, oùil avoue que toute cette recherche n’est qu’illusion et vainefumée. Les faiseurs d’or, accueillis d’abord à bras ouvertspar les princes à court d’argent, finirent presque tous parse faire pendre, comme il arriva au charlatan Georges Ha-nanes qui avait voulu duper le duc Frédéric de Wurtem-berg. On écrivit d’ailleurs de gros et nombreux in-folio surle secret de changer en or les autres métaux. Oe vrais sa-vants, tels que Paracelse, se laissèrent prendre au miragedécevant de l’alchimie. Celui-ci du moins, après avoir par-couru presque toute l’Europe pour apprendre à fond l’artde guérir, devint le premier médecin de son temps etsubstitua l’étude de la nature aux pratiques superstitieusesqui avaient eu crédit jusque-là. Le point de départ de sonsystème, l’hypothèse d’une vie universelle reliant entre euxtous les êtres de la création, a été cent ans plus tard com-plétée par Van Helmont. A la même époque Félix Wurtzindiquait la pratique rationnelle delà chirurgie elle savantnaturaliste de Zurich, Conrad Gessner ( 1516 - 1565 ) jetait lesfondements de la géologie, de la zoologie et de la bota-nique.

C’est en Italie, au commencement du seizième siècle, queles sciences mathématiques avaient pris leur essor. L'Aile*magne n’y resta point étrangère, ainsi que le prouventles travaux d’Albert Durer, rival et contemporain deLéonard de Vinci et habile comme lui dans les sciences etdans les arts. Mais les grandes découvertes étaient réser-vées à Copernic, à Kepler, à Tycho-Drahé, à Galilée et à