Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
266
JPEG-Download
 

866

LA SOCIÉTÉ ET LES MCF.ITRS AT,t.KM ANDES

fille aînée, épouse de l’électeur calviniste Jean Casimir, quivenait de mettre au monde un enfant mort-né ? « Il vau!mieux, lui dit-elle, que cet enfant soit mort avant de naîtrepuisqu'il devait être élevé dans une fausse religion. »

Les protestants reconnurent à l’empereur le droit qu’a-vaient précédemment les papes de confirmer les privilègesdes universités, droit qui passa depuis aux autres princes.Plusieurs d'entre eux, au moment de la Réforme, fondèrentdes universités destinées à soutenir la doctrine de Wittem-herg,ce qui fit que les professeurs en furent regardés commedes espèces de fonctionnaires [du gouvernement, tandisqu’ils n’avaient vécu jusque là que du produit de leurs le-çons. Leurs appointements d’ailleurs furent des plus mo-destes et ne s’élevèrent parfois qu’à trente-six florins. Il estvrai que la vie était alors à bon marché et qu’à Wittembergmôme une personne pouvait se suffire avec huit florinsd’or. Le budget de l’université de Kœnigsberg ne s’élevaitqu’à 3,000 florins et celui de Wittemberg à 3,795 florins,sur lesquels Luther et Mélancliton touchaient chacun 200 flo-rins, maximum du traitement. A la faculté de droit les pro-fesseurs avaient de 100 à 200 florins, à celle de médecine80 à 150; à celle de philosophie, les professseurs de grec etd’hébreu seuls avaient 100 florins, les autres 80 seulementet le pédagogue 40. En 1514 un professeur d’arabe à l’uni-versité devienne touchait 30Q florins, un professeur de mé-decine 150. Avec ce modeste traitement, augmenté du droitde pension payé par les étudiants, les maîtres devaientpourvoir à leur entretien et à celui de leur famille et sefournir de livres, car ils n’avaient pas de bibliothèque àleur disposition. Aussi la correspondance des savants decette époque est-elle émaillée de plaintes sur leur misère etleurs dettes. Ceux qui se refusaient à tirer parti du charlatanisme scientifique se rejetaient sur les dédicaces. Le chatlataqisrne était plus fructueux, comme le prouve l’exemptede Léonard Thurnysser qui, en sa qualité de médecin de