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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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MAGIE ET PROCES DES SORCIERS

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lamentable quand Faust prononçait sa formule de conjura-tion. Puis une étoile de feu tomba à six ou huit toises deterre et sc transforma en boule ardente, ce dont Faust fut forteffrayé. Il continua néanmoins ses pratiques et conjura partrois fois l’étoile enflammée. Alors s’éleva une bande de feu,garnie de ses lumières qui prit la forme humaine et tournapendant un quart d’heure autour du cercle. Enfin le démonparut sous le costume d’un moine à cheveux blancs et de-manda à Faust ce qu’il désirait. »

Il y a même dans ce livre certains détails sur les amoursdu diable qui sont curieux et que je crois devoir repro-duire : « Quand Faust était seul et qu’il voulait méditer sur•la parole de Dieu, le diable, sous la forme d’une bellefemme, venait à lui, l’embrassait, et par ses caresses chas-sait vite la parole de Dieu et maintenait le docteur dans sesmauvais desseins. La veille du jour où son pacte devaitexpirer, Faust se rendit avec beaucoup de professeurs etd etudiants au village de Kimlich et y passa la nuit aveceux. Les étudiants couchés près de sa chambre entendirentdes sons aigus et des sifflements, comme si la maison eûtété remplie de serpents. Sa porte s’ouvrit et ou l’entenditcrier au secours d’une voix étouffée. Puis tout se tut. Aujour, Faust avait disparu et à sa place on trouva une tachede sang. Le cerveau était collé aux murs; les yeux et lesdents offraient un spectacle horrible, et le reste du corps,affreusement mutilé, fut retrouvé près du fumier. »

L’Église ne tarda pas à punir les sorciers. Les nécroman-ciens, se disait-elle, font un pacte avec le diable et rompentainsi leur union avec moi, que le baptême leur conférait ;donc ils sont hérétiques, criminels, dignes de la mort. Elleconfondit l’hérésie avec les sortilèges et elle ne manquapas de soutenir que le diable se rendait au conciliabule desVaudois sous la figure d’un crapaud, d’un chat ou d’unbouc. Telle est l’origine de la croyance au sabbat des sor-

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