Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
278
JPEG-Download
 

278

LA SOCIETE ET LES MCEURS ALLEMANDES

ciers où, disait-on, l’esprit du mal recevait un véritableculte. Les tribunaux de l’Inquisition prodiguèrent la torturepour extirper l’hérésie. Quand les bûchers des Albigeois,ceux des Cathares et des Lollards furent éteints, on trouvadans les sorciers de nouvelles victimes. Cette longue épi*demie de superstition prit sa source dans l’ignorance oùl'on ôtait des véritables lois de la nature et fut entretenuepar le fanatisme qui, jusqu’au seizième siècle, obscurcit desesprits même éclairés. En 1591, Fischart traduisait encore,en y ajoutant foi, le traité français de Bodin sur les dé-mons. Beaucoup de cerveaux faibles et de femmes histéri-ques se crurent réellement possédés du démon. L’impartialehistoire doit ajouter qu’à cette sincérité dans l’erreur vint sejoindre l’appât du gain. La plupart des procès de sorcel-lerie n’eurent d’autre cause que le désir de s’emparer dubien d’autrui, en profitant de la crédulité populaire.

Bien que l’aveu nous soit pénible, nous sommes forcéde convenir que l’Allemagne est le pays où les auto-da-fé desorciers furent le plus nombreux. Il y en eut beaucoupdans toute l’Europe. En 1459, dans la ville d’Arras, enFrance, on brûla en masse un grand nombre de sorciersdes deux sexes. En 1485, quarante et une sorcières péri-rent sur le bûcher à Côme, en Italie, soixante-quinze femmeset quinze enfants eurent le même sort en 1609 à Mora, enSuède. Nous voyons le supplice se propager en Espagne,en Portugal, en Danemark, en Pologne, et jusque dans les c

colonies de l’Amérique du Nord; mais nulle part, je le ré- j

pète, ils ne furent aussi nombreux qu’en Allemagne. r

On se demandera peut-être pourquoi les victimes de ces | gexécutions furent surtout des femmes. N’auraient-elles pasdû être détournées par la délicatesse et la pudeur de leur t

sexe de ces hideux embrassements d’un bouc? Faut-il croire a

que les juges frappèrent sur elles de préférence, parce qu’il r

était plus J facile de les convaincre? Il y a de ce fait une g

explication plus naturelle. La femme aime tout ce qui est