MAGIE ET PROCÈS DES SORCIERS
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jusque vers la lin du dix-septième avec des raffinements decruauté.
En Allemagne tout se fait méthodiquement, même lesplus grandes folies. A la suite de la bulle d’innocent VIII,Springer et consorts publièrent contre les sorcières un grosvolume latin, le Malleus maleficarum (marteau des sorciers)livre extravagant et fanatique, d’une plume empoisonnée etlibertine, qui fut approuvé en 1489 par la faculté de théo-logie de Cologne et eut plusieers éditions. La premièrepartie est consacrée aux fauteurs de sortilèges ; la secondeindique les moyens de se garantir ou de se délivrer desmaléfices; la troisième traite la question de droit. La sor-cellerie étant considérée comme un acte d’hérésie ressort àla fois des tribunaux civils et de celui de l’inquisition, quidoivent poursuivre ce crime monstrueux par les moyensextraordinaires. On se mit aussitôt à l’œuvre. De 1484 à 1489,qaarante-huits bûchers furent dressés. 11 est vrai qu’à partirde ce moment, des souverains et même des princes de l’É-glise s’opposèrent à la persécution. Certain prêtres du hautde la chaire nièrent l’existence ou du moins le pouvoir dessorciers. Afin de faire taire ces protestations, on intéressales réclamants aux procès. Les biens des suppliciés furentconfisqués et partagés entre le seigneur féodal et l’inquisi-teur. Ce système enrichit rapidement juges et bourreaux,mais ruina l’Allemagne. La moitié des condamnations pro-noncées pendant la guerre de Trente Ans furent dictées parla cupidité.
Cependant beaucoup de gens continuaient de croire à lasorcellerie ; Luther lui-même fut un des plus fervents danscette opinion; il était persuadé qu’il avait vu le diable etil lui avait jeté son encrier à la tète. Un jour, rencontrantà Dessau uncrôtin, il déclara que c’était un enfant du diableet qu’il fallait le noyer.
La circonstance la plus futile aussi bien qu’un acte im-portant attiraient sur vous le soupçon d’hérésie. Trop do
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