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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA. SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES

La douceur, qui le croirait? n’avait pas toujours raison del'accusé. Dans ce cas on appliquait la question préalable, I

précédée parfois de l’épreuve des larmes. Un juge posait ]

sa main sur la tête du sorcier et au nom des larmes versées 1

par le Rédempteur, l’engageait à pleurer son crime. Avantde commencer la question, l’on en montrait les outils el \

l’on en expliquait les effets au patient. Cela seul amenait s

souvent des aveux. Mais si la menace était impuissante, on {

procédait aux supplices. Le premier était celui de l'étau p

dans lequel les pouces étaient serrés jusqu’à ce que le sang c

jaillit; le second était une espèce de jambière qui compri c

mait les jambes à faire craquer les os ; le troisième, l’éléva- \

tion, consistait à promener le corps du patient le long d’une 1

échelle hérissée de pointes. Notez que ces tortures étaient v

appliquées même aux femmes enceintes. La formule du F

bourreau disait vrai: « Tu seras torturé jusqu’à ce que le p

soleil te traverse de ses rayons. » D’après la loi, l’épreuve p

ne devait durer qu’un quart d’heure, mais les juges la «

prolongaient bien plus longtemps. ABamberg, ils laissèrent li

un jour, pour se rendre à un festin, le malheureux suspendu g

à l’échelle et il y resta jusqu’à leur retour. 1:

Que dire des aveux obtenus par de tels procédés ? Des s

filles de sept ou huit ans déclaraient qu’elles avaient eu des fi

rapports avec le diable et mis au monde plusieurs enfants. g

Des individus s’accusaient du meurtre de personnes encore h

vivantes. Il en est à qui la douleur faisait nommer descom- 1

plices à tort et à travers, ce qui donnait lieu à des poursuites p

infinies. Les actes de procédure attestent que beaucoup defemmes ont supporté la torture avec un véritable héroïsme. 1

Une jeune fille d’Alun, dénoncée comme ayant assisté au n

sabbat protesta jusqu’à la fin de son innocence, bien qu’on f

l’eût torturée neuf fois; une autre, de Norlingen, soutint v

jusqu’à vingt-deux assauts, et ne succomba qu’au vingt-troisicme. Mais celles, en petit nombre, qui survivaient à de fi

pareils traitements, restaient estropiées ou idiotes. ti