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LA. SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES
La douceur, qui le croirait? n’avait pas toujours raison del'accusé. Dans ce cas on appliquait la question préalable, I
précédée parfois de l’épreuve des larmes. Un juge posait ]
sa main sur la tête du sorcier et au nom des larmes versées 1
par le Rédempteur, l’engageait à pleurer son crime. Avantde commencer la question, l’on en montrait les outils el \
l’on en expliquait les effets au patient. Cela seul amenait s
souvent des aveux. Mais si la menace était impuissante, on {
procédait aux supplices. Le premier était celui de l'étau p
dans lequel les pouces étaient serrés jusqu’à ce que le sang c
jaillit; le second était une espèce de jambière qui compri c
mait les jambes à faire craquer les os ; le troisième, l’éléva- \
tion, consistait à promener le corps du patient le long d’une 1
échelle hérissée de pointes. Notez que ces tortures étaient v
appliquées même aux femmes enceintes. La formule du F
bourreau disait vrai: « Tu seras torturé jusqu’à ce que le p
soleil te traverse de ses rayons. » D’après la loi, l’épreuve p
ne devait durer qu’un quart d’heure, mais les juges la «
prolongaient bien plus longtemps. ABamberg, ils laissèrent li
un jour, pour se rendre à un festin, le malheureux suspendu g
à l’échelle et il y resta jusqu’à leur retour. 1:
Que dire des aveux obtenus par de tels procédés ? Des s
filles de sept ou huit ans déclaraient qu’elles avaient eu des fi
rapports avec le diable et mis au monde plusieurs enfants. g
Des individus s’accusaient du meurtre de personnes encore h
vivantes. Il en est à qui la douleur faisait nommer descom- 1
plices à tort et à travers, ce qui donnait lieu à des poursuites p
infinies. Les actes de procédure attestent que beaucoup defemmes ont supporté la torture avec un véritable héroïsme. 1
Une jeune fille d’Alun, dénoncée comme ayant assisté au n
sabbat protesta jusqu’à la fin de son innocence, bien qu’on f
l’eût torturée neuf fois; une autre, de Norlingen, soutint v
jusqu’à vingt-deux assauts, et ne succomba qu’au vingt-troisicme. Mais celles, en petit nombre, qui survivaient à de fi
pareils traitements, restaient estropiées ou idiotes. ti