MAGIE ET PROOF.S DES SORCIERS
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Il n’y avait de différence que dans le supplice; les péni-tentes étaient décapitées avant le bûcher, les impénitentesbrûlées vives. On refusait l’absolution à celles qui rétrac-taient les aveux arrachés par la torture.
Les exécutions en masse commencèrent en Allemagnevers 1580 et durèrent près de cent ans. En Bavière, dans unseul procès on engloba quarante-huit sorcières, en 1582.A Norlingen, en 1590, on fit périr quatre-vingt-quatorzepersonnes des deux sexes. A Brunswick, les piquets des bû-chers avaient, en dix ans, formé comme une forêt. Dans lecomté de Henneberg, il y eut cent quatre-vingt-dix-septvictimes de 1597 à 1676. A Offenbourg, soixante de 1627 à1630. Le juge d’instruction de Fulda, Balthasar Voss, sevante d’en avoir fait périr à lui seul jusqu’à sept cents.-Nous ne pouvons citer ici tous ces auto-da-fé où l’on jetaitpêle-mêle des personnes de toute condition, ainsi que leprouve la liste suivante copiée sur les archives de Bamberg :« La femme et la fille du chancelier d’Eichstadt, le conseil-ler, une jeune étrangère de douze ans, un échevin, le plusgros bourgeois de la ville, deux petites filles et leur mère,la femme du maire, deux gentilshommes, l’un de Reizten-stein, l’autre de Rothenhau, Barba Guebel, la plus joliefille de Wurtzbourg, un étudiant qui parlait plusieurs lan-gues et était excellent musicien, le directeur de l’hospice,homme très-savant, les deux jeunes garçons d’un conseil-ler, sa femme et sa fille, trois abbés, quatorze vicaires, unepetite fille aveugle, etc., etc. »
Nous pouvons sans exagération évaluer à cent millele chiffre des malheureux qui furent ainsi sacrifiés. La der-nière hécatombe de marque fut ordonnée en 1678 parl’archevêque d' Saltzbourg: il y eut quatre-vingt-dix-septvictimes.
Pourtant des voix s’élevèrent contre une si sanglantefolie, parmi lesquelles nous distinguons Agrippa de Net-teisheim et Ulrich Molitor au quinzième siècle, le docteur