l’art et la littérature
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alors des recrues à tous les vagabondages. Il y avait làsans doute assez d’éléments pour organiser un théâtre na-tional, mais l’Allemagne, moins heureuse que l’Angleterre,u'eut pas alors de Shakespeare capable de le fonder.D’ailleurs la poésie était tombée dans un complet délabre-ment; aucune voix ne pouvait s’élever au milieu des hor-reurs et des ruines delà guerre; on avait perdu jusqu’ausouvenir des travaux littéraires du moyen âge; il fallut,pour recommencer, chercher des modèles à l’étranger.C’est ce que fit le Silésien Martin Opitz (1597-1739). Dansson désir de relever notre littérature nationale, il imita tourà tour les anciens, les Français, les Espagnols, les Italiens.Il érigea même en théorie poétique ce système d'emprunts;après avoir déclaré qu’il était impossible aux Allemands decultiver la grande poésie, il.se rabattit sur le genre didac-tique, sous prétexte qu’il faut instruire même en cherchantà plaire, et il recommanda la poésie lyrique de Ronsardainsi que l’idylle espagnole et italienne. Malgré la séche-resse de ses églogues, madrigaux et sonnets, il exerça une vé-ritable influence sur ses contemporains, introduisit dansnotre langue la souplesse et la correction, et apprit à nospoètes le trot monotone de l’alexandrin français.
Ses disciples ne furent que trop dociles à ces conseils ; ilsinondèrent l’Allemagne de productions insipides, sans ori-ginalité. Quelques-uns pourtant méritent d'être cités, en-tre autres Flemming (1609-1640) qu’une mort trop prompteenleva à la muse lyrique, et André Gryphins (1612-1664),nature sérieuse et talent hardi, qui essaya de créer ledrame indépendant. Un autre auteur de drames, Gaspardde Lolienstein (1635-1683) ne sut produire sur la scène quedes personnages féroces ou ignobles, des héros dignes dugibet ou sortis des lieux de prostitution. 11 faut que la so-ciété de son temps, malgré le piétisme théolugique qu’elleaffectait, fût d’une moralité peu sévère pour applaudir lesbrades ennuyeuses dans lesquelles Agrippine excite son fils à
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