l’art et la littérature
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de temps à autre, un étudiant intelligent en prenait ladirection et parvenait à se faire agréer à la cour desprinces, en qualité de domestique, avec des appointementsde 150 florins, tandis que les chanteurs italiens recevaientdès 1687, 1,500 thalers de l’électeur de Saxe. L’un de cesétudiants, Velthen, enrichit son répertoire des comédies deMolière dont les personnages naturels et vivants commen-cèrent à dégoûter des poupées de la tragédie française. Lestroupes ambulantes continuaient à mener une vie sauvageet misérable et n'avaient nul accès auprès de la hautesociété qui réservait toutes ses faveurs à l’opéra. Celle deVelthen parvint à se fixer à Dresde pendant quelques an-nées. Mais les cours ne prodiguaient leur argent que pourles représentations d’opéras qui absorbaient des sommesénormes. C’est ainsi que la Vengeance de Médée, représentéeen 1663 à Munich, ne coula pas moins de 70,000 florins. Lesvilles suivaient l’exemple des princes ; Nuremberg, Augs-bourg, Hambourg et Leipsig construisirent leurs sallesd’opéra de 1667 à 1693. A Hambourg, on représenta unopéra qui rappelait les anciens mystères, Jésus mourant, oùles détails de la passion étaient célébrés tant bien que malsur des airs italiens. Bientôt la licence envahit ces repré-sentations; des sujets tirés de l’histoire, de la mythologie,de la pastorale ou de la religion, permirent à des actricescourt vêtues de se livrer aux gestes les plus indécents aumilieu de décors luxueux. La scène se remplit d’acteurs etde figurants; on y fit même défiler des chevaux, des ânes,des chameaux, toutes les bêtes de la création. Les ma-chines, trucs, feux d’artifices furent prodigués, surtout àl’opéra des jésuites de Vienne. Mais tous ces décors etexhibitions dont on avait abusé cessèrent bientôt deplaire et s’éclipsèrent devant le nouvel opéra italien.
Même excès doit être remarqué chez les acteurs ambu-lants. Aux facéties improvisées qui avaient jusque-là com-posé leur répertoire, ils ajoutèrent des drames, des pièces